Opération transparence
Depuis quelques jours, c’est opération transparence au gouvernement. Cela a commencé avec cette tentative de coup de communication que fut la publication des patrimoines des membres du gouvernement. Tentative car cela n’a rien eu de convaincant. Beaucoup de nos concitoyens ont consulté cette publication motivés par une curiosité plus ou moins malsaine. Les plus mauvais esprit ont été pris d’une inquiétude subite en constatant la médiocrité des patrimoines de ceux qui sont chargés de gérer le pays. Et surtout, à tort ou à raison, presque personne n’y croit. Il était temps de passer aux choses sérieuses ce qui peut impliquer deux voies : soit changer la nature humaine pour rendre tout le monde honnête même lorsqu’on est responsable politique ; soit légiférer. On ne saurait blâmer le gouvernement d’avoir choisi la seconde branche de l’alternative. Le programme législatif porte aussi bien sur la transparence de la vie publique à strictement parler que sur la lutte contre la délinquance financière et la fraude fiscale en générale. Lire la suite…
Zombie et hallucination journalistique. Le catholicisme et les cathos sont morts mais ils bougent encore… Cela crée un sentiment de panique chez certains qui voient des zombies partout. Ça revient à la mode le zombie, il y a eu Walking dead puis le remake d’Evil Dead… Maintenant c’est le catholicisme zombie qui déclenche une zombie alerte ! Il y a des gens très sérieux pour parler de ça avec des mots choisis :
Les valeurs organisatrices du catholicisme apparaissent toujours actives dans les lieux qu’il occupait. L’un des paradoxes les plus étonnants de notre présent est la montée en puissance sociale d’une religion qui vient de s’évanouir en tant que croyance métaphysique. Le catholicisme semble avoir atteint pour lui-même l’objectif d’une vie après la mort. Comme il s’agit d’une vie terrestre, nous parlerons de catholicisme zombie (E. Todd, H. Le Bras, Le Mystère français : Seuil 2013). Lire la suite…
Le bourreaucrate et la philosophe
Une femme devant sa machine à écrire. Le drapeau nazi en arrière-plan. Le titre est simple, presque trop : Hannah Arendt. C’est clair dès l’affiche, il s’agit d’un film intellectuel aussi éloigné des Aventuriers de l’arche perdue que 1984 peut l’être de Love story. En surtitre : Jérusalem 1961. Procès Eichmann. La philosophe juive allemande qui allait déclencher la controverse. Ce n’est donc pas toute la vie d’Hannah Arendt (1906-1975) qui fait la matière du film mais la période correspondant à l’élaboration d’une de ses œuvres les plus connues : Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal (H. Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal : coll. Quarto, Gallimard 2002, présentation de P. Bouretz, p. 972 et s.). Comme le titre même pouvait le laisser deviner, le film adopte clairement le point de vue de la philosophe qui n’est absente de quasiment aucune scène. Sous cette réserve on peut dire que le film est très fidèle à l’histoire vécue par Hannah Arendt entre 1960 et 1964. Alors qu’elle tentait de livrer au monde un rapport sur le procès d’Adolf Eichmann, elle s’est trouvée elle-même mise en accusation y compris par ses amis les plus proches. Lire la suite…
L’apostasie c’est maintenant ?
Le baptême est-il devenu une prestation de service comme une autre pour nos contemporains ? Les demandes apparemment paradoxales de certaines personnes seraient le symptôme d’une perte de sens du sacrement de baptême vu uniquement comme service proposé par l’Église et acte d’adhésion à une sorte d’association. Comment comprendre la coexistence d’une revendication du droit au baptême et des demandes de débaptême ? Le sujet de l’apostasie, car c’est de cela qu’il s’agit, est revenu d’actualité cette semaine à la suite d’une lettre ouverte sur un blog. Je n’aborderai pas le cas particulier car je pense sincèrement que ni la lettre, ou du moins sa publication, ni les réactions qu’elle a suscitée n’étaient opportunes et mesurées. Peut-être plus significatif est le lancement d’un site proposant l’apostasie pour tous en quelques clics. C’est en fait une sorte d’apostasie pour les nuls. Évidemment, je ne parlerai que du baptême chrétien et plus particulièrement catholique ; je ne traiterai pas du baptême républicain même si ça pourrait être amusant de se demander ce qui se passerait si les quelques personnes concernées par cette pratique venaient un jour à demander leur débaptême républicain. Trêve de mauvais esprit… Lire la suite…
Et maintenant on va où ? (suite)
Ce devait être une simple petite mise à jour du billet de samedi mais ce petit mot a pris un peu trop de volume pour rester engoncé entre deux paragraphes. Je ne reviendrai pas sur le succès persistant des manif pour tous et des actions complémentaires. La loi va être votée et le Conseil constitutionnel saisi et on verra bien ce qui se passera. Reste la question de l’avenir de ce mouvement déjà abordée dans le précédent billet.
Au-delà de l’apparition de nouveaux militants et de la formulation d’une nouvelle façon de penser, certains pensent déjà à une action politique plus classique. Frigide Barjot envisage déjà sérieusement (si j’ose dire…) la constitution de listes pour les élections municipales de 2014. Christine Boutin n’exclut pas pour sa part d’adouber certaines de ces listes au nom du Parti Chrétien démocrate. Même si les élections s’approchent à grands pas, on peut se demander si ce n’est pas un peu précipité alors que la construction d’un authentique mouvement force de proposition, notamment autour de l’écologie humaine, n’est qu’à peine esquissée. Quels seront les rapports avec l’UMP qui tente d’instrumentaliser le mouvement ? Comment tenter de construire des ponts entre des personnes plutôt à droite et d’autres plutôt à gauche (Poissons roses et Esprit civique notamment) ?
En l’état, prétendre faire apparaitre un mouvement "apolitique" ou plutôt non partisan risque d’être bien difficile. Construite sur un refus, une exaspération, la Manif pour tous n’a pas de base intellectuelle forte. Ses liens avec les mouvements d’action sociale chrétiens semblent limités. Il faudrait développer également une pensée sociale attentive aux travailleurs, aux pauvres et à l’étranger par exemple en s’intéressant à ce que font ATD-Quart monde ou la Société de Saint Vincent de Paul. Tout cela ne se fait pas en un jour et le risque est grand voir éclater la belle unité des contres lorsque le temps de la construction viendra… Je reste convaincu que c’est une nécessité pour que les chrétiens développent avec succès (pas seulement, ni même principalement, au plan électoral) une action politique qui ne heurte pas l’Évangile.
Et maintenant on va où ?
On lâche rien ! On lâche rien ? Moi, je veux bien mais sincèrement qu’est-ce qu’on tient pour l’instant ? Sans mauvais esprit, ni pessimisme excessif, mais en tentant de faire preuve d’un minimum de lucidité que peut-on penser de l’évolution du mouvement apparu en opposition à l’extension du mariage aux personnes de même sexe ? Lire la suite…



