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L’Etat et la conscience

12 septembre 2009

Le prochain congrès de l’Union Internationale des Juristes Catholiques se tiendra à Madrid les jeudi 12 et vendredi 13 novembre 2009. Le thème retenu est « L’état et la conscience« . Ce prochain colloque permettra notamment de revenir la question de l’objection de conscience. La conscience, qui n’est pas simplement un sentiment subjectif, permet à tout homme de découvrir ce qu’il est bon de faire et ce qu’il faut éviter. C’est en elle que peut se découvrir la loi naturelle (Benoît XVI, Gaudium et spes, n° 16). La conscience permet un sursaut face à ce qui n’est pas tolérable, une faculté d’indignation face à ce qui porte atteinte à la dignité de la personne.

L’objection de conscience. L’objection de conscience, au sens strict, est un refus de se soumettre à l’application de la loi impérative. Elle est reconnue dans la doctrine sociale de l’Eglise comme un devoir moral et comme un droit humain fondamental.

Le citoyen n’est pas obligé en conscience de suivre les prescriptions des autorités civiles si elles sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Évangile (Compendium, n° 399).

Notre société pourtant si tolérante a parfois bien du mal à accepter ce droit à l’objection de conscience. Mgr Laffitte a souligné ce paradoxe qui veut que

la société idéologiquement tolérante ne peut tolérer l’objection de conscience car celle-ci échappe par quelque manière à son empire.

L’objecteur de conscience vient en effet signifier à ses contemporains que toute les opinions de se valent pas. Or en disant cela il passe immanquablement pour un dangereux fanatique que même le tolérant idéologique se sentira obligé de combattre avec acharnement. L’objection de conscience est une lutte contre le relativisme.

L’objection de conscience peut prendre une forme plus commune, moins spectaculaire qui est témoignage. Il ne s’agit pas de refuser de se soumettre à l’application d’une loi impérative mais contraire à la conscience. Il s’agit davantage de manifester son refus de collaborer au mal. La clause de conscience des professionnels de santé relève le plus souvent de cette seconde forme d’objection de conscience. Elle est pourtant remise en cause dans certains cas (chefs de service de gynécologie-obstétrique dans les établissements de santé publics). Elle n’est pas reconnue aux pharmaciens. Elle est parfois difficile à mettre en œuvre par les personnels non médecins ou par les étudiants. Tout cela montre bien la justesse du paradoxe mis en évidence par Mgr Laffitte. La société idéologiquement tolérante ne peut supporter cette opposition.

Que se soit, évidemment, pour défendre le droit à la vie de sa conception jusqu’à sa mort naturelle mais aussi pour promouvoir la famille, faire reculer la pauvreté et garantir un développement humain intégral, les occasions de témoigner de ce souci d’obéir à la conscience ne manquent pas aujourd’hui.

L’exemple de Thomas More. L’objection de conscience n’est pas rébellion, elle ne conteste pas (du moins pas nécessairement) la l’autorité et la légitimité du législateur. Elle peut s’intégrer dans un véritable engagement politique. La note doctrinale sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, dite note Ratzinger, s’ouvre sur une évocation du témoignage de Thomas More :

saint Thomas More, proclamé Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques, a su témoigner jusqu’à la mort de «la dignité inaliénable de la conscience».

L’exemple de Thomas More s’impose, en effet. En refusant de prêter le serment reconnaissant la validité de la nouvelle loi de succession et la primauté d’Henri VIII sur le Pape, Thomas More a donné un magnifique exemple d’une véritable objection de conscience chrétienne. Il n’a pourtant jamais contesté la légitimité temporelle de son souverain, auquel il a même d’une certaine façon témoigné d’une authentique fidélité.

Comme pour tout objecteur de conscience authentique, sa passivité, sa docilité à l’égard des sanctions encourues empêchent de le tenir pour traître et rebelle (Mgr Laffitte)

Thomas More nous fournit l’exemple d’un juriste et d’un politique qui ne déserte pas et qui conserve le souci d’obéir à sa conscience  sans confondre temporel et spirituel (Thibaud Collin) à l’encontre d’un « politique d’abord » si répendue et autorisant une forme de schizophrénie Weberienne : « je suis catholique mais… »

Il ne faut pas se cacher que l’objection de conscience a toujours été une voie étroite. Elle reste toutefois un droit d’autant plus fondamental que la société actuelle a du mal à l’admettre dans son cadre relativiste.

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