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Manipulations autour de l’euthanasie clandestine

26 septembre 2009

La déploration du ChristL’ADMD a commandité un nouveau sondage sur l’euthanasie. A la question, « lorsque des personnes atteintes d’une maladie incurable en phase terminale le réclament, êtes-vous favorable ou opposé à ce que des euthanasies soient pratiquées, même si elles ne sont pas autorisées par la loi » (autrement il s’agit d’euthanasies illégales, bref de meurtres au sens de la loi naturelle et de la loi civile) ? Alors que les français, sont favorables à 75 % à la pratique d’euthanasies ‘clandestines’ illégales, seuls (?!) 45% des pratiquants réguliers partagent cette opinion. Le sondage pourrait être affiné pour savoir combien parmi eux sont sourds ou souffrent de diverses formes de narcolepsie pendant la messe… En revanche, chez les catholiques pratiquants occasionnels, le résultat est supérieur à la moyenne des français (76%) ! Ce sondage pourra rassurer, dans une certaine mesure seulement, ceux qui craignaient que le comportement des catholiques se soit aligné sur celui du reste de la société. La fréquentation régulière de la messe rend plus fort.

Il est intéressant de relever les définitions des catégories relatives à la pratique religieuse. Les pratiquants réguliers sont ceux ayant déclaré «aller à la messe plusieurs fois par semaine», «tous les dimanches» ou «une à deux fois par semaine». Ceux ayant déclaré aller à la messe «de temps en temps, aux grandes fêtes» ont été considérés comme pratiquants occasionnels et ceux n’y allant «jamais» ou que «pour certaines cérémonies» ont été considérés comme non pratiquants.  La définition du catholique pratiquant est donc plus exigeante et  plus exacte que celle retenue dans d’autres sondages récents.  Remarquons que le souci de précision des définitions ne va pas jusqu’à définir ce que l’on entend par euthanasie ! Lorsque l’on sait tous les malentendus qui existent sur ce point, l’imprécision de la question fait frémir.

La variation de la réponse selon la proximité partisane révèle également deux petites surprises. D’une part, il y a la droite, la gauche… et le Modem ! D’autre part, ce sont les partisans du Modem qui sont le plus réticents à la pratique d’euthanasies clandestines illégales.

L’ADMD va tenter de tirer parti de ce sondage pour demander à nouveau la consécration par la loi civile de cette pratique. Elle ne manquera pas de dire : regardez, cela ne sert à rien d’interdire, puisque cela se pratique sans qu’on le sache… La technique utilisée pour revendiquer la légalisation de l’avortement  n’est pas originale.  Evidemment, un tel raisonnement est vicié. Il y a loin de la déclaration à l’acte notamment en présence d’un réel accompagnement de la personne.  En outre, la clandestinité de l’euthanasie ne disparait pas dans les pays où elle a été légalisée, preuve de son caractère intrinsèquement illicite. A nouveau, la transgression appelant la transgression, il semble que la légalisation de l’euthanasie

développe sa propre dynamique et résiste à toutes les procédures de surveillance sensées la contenir (PO Arduin).

Les Pays-Bas fournissent une illustration très inquiétante des dérives d’une législation intrinsèquement mauvaise. Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a contesté récemment la législation néerlandaise au regard du droit à la vie reconnu dans le Pacte de 1966. Il n’existe aucun droit à la mort et il ne peut en exister. Même la Cour européenne des droits de l’homme (c‘est dire!)  a clairement jugé, dans son arrêt Pretty c/ Royaume Uni du 29 avril 2002, qu’il n’existait ni droit à la mort ni liberté de recevoir la mort d’autrui. De même, le Comité consultatif national d’éthique a considéré dans son avis n° 26 qu’admettre l’euthanasie traduirait une définition de l’homme nécessairement restrictive, la dignité de l’homme se mesurant uniquement à son degré d’autonomie et de conscience. Or, la dignité de l’homme tient à son humanité même. Rien ne saurait ôter cette dignité à la personne humaine ; pas même sa volonté. Le véritable droit de mourir dans la dignité est affirmé à l’article L. 1110-9 du Code de la santé publique qui reconnaît à chaque malade le droit d’accéder à des soins palliatifs. Il s’agit d’une conséquence du principe de dignité de la personne humaine. Les prétentions de l’ADMD relèvent, en définitive, de la perversion juridique et intellectuelle mais aussi d’une grande incompréhension des besoins réels des personnes en fin de vie. Presque tout le monde a compris que le développement des soins palliatifs est la vrai réponse et le vrai droit de mourir dans la dignité.

2 commentaires leave one →
  1. 2 novembre 2010 22 h 53 mi

    La question ne devrait se poser que pour les personnes valides : toute personne plus ou moins mobile, si elle le souhaite, peut se débrouiller toute seule… L’euthanasie est un homicide? oui, mais dans un cadre légale, alors ça va (tant qu’on ne les euthanasie pas de force…). La question est surtout celle du délaie : combien de temps entre la première demande et l’acte?

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    • 3 novembre 2010 11 h 37 mi

      Je vous invite à lire le billet de Koz, si vous ne l’avez pas déjà fait.
      Un homicide reste un homicide. La loi ne peut admettre que l’on porte atteinte à l’intégrité d’une personne (et a fortiori à sa vie) même avec son consentement sans justification thérapeutique… Supprimer le malade n’est pas thérapeutique (si les mots ont un sens).

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