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Pour le dimanche (II)

4 octobre 2009

Sous l’influence d’Edmond Prochain, je me suis lancé dans la lecture du livre de Gaspard-Marie Janvier, Le dernier dimanche. L’argument ? Le voici :

Profitant encore – mais pour combien de temps ? – de la journée hebdomadaire de loisir concédée par les théologiens du Marché aux amateurs de vie spirituelle, rendu à moi-même et à ma solitude par décision de justice, je suis allé chaque dimanche pendant un an à la messe… (Préambule)

Comme un Durtal[1] du XXIe siècle, le narrateur se lance sans le savoir dans un chemin de conversion dont les rendez-vous dominicaux sont les bornes et les panneaux indicateurs. S’agit-il d’un roman ? Sans doute pas. Mais qu’importe. Ne cherchons pas trop de clés. Durtal n’était pas Huysmans ; Gaspard-Marie n’est pas… Gaspard-Marie. Le dernier dimanche rapporte les impressions et les réflexions du narrateur provoquées essentiellement par les lectures et par les homélies. L’ouvrage a déjà donné lieu à des chroniques très intéressantes. Je me limiterai ici à quelques réflexions pour dire aussi combien j’ai aimé ce livre.

Gaspard-Marie est un intellectuel. Il l’avoue lui-même. D’où son intérêt pour la liturgie de la Parole. Edmond a très justement relevé que l’eucharistie ne touche pas le narrateur. La première fois qu’il en est question, c’est en rêve… Autre indice, le jeudi saint manque à l’appel. Peut-être faut-il y voir, au-delà d’une sensibilité personnelle, le signe d’une communion encore imparfaite de Gaspard-Marie avec l’Eglise. Mais il semble en être conscient notamment lorsqu’il tente de communier (p. 176) :

Je m’avance vers l’autel pour recevoir l’hostie, le cœur n’y est plus. Comme le publicain de l’Evangile, je n’ose lever les yeux vers le ciel, et reviens piteusement à ma place.

« Mon Dieu, prends pitié du pêcheur que je suis ! »

A ce moment là, quelque chose change chez lui. La place donnée au couple et à l’histoire d’amour humain de Gaspard-Marie avec sa chère expousée prend plus de place. Le dernier dimanche est aussi une belle histoire d’amour.

La démarche du narrateur illustre la résistance paisible du jour du Seigneur face au centre commercial. Cette résistance faiblit pourtant et le titre et quelques passages font craindre qu’elle disparaisse tout à fait. Ce n’est que si les chrétiens redécouvrent la beauté du dimanche, que l’on pourra lui redonner des forces.

Le dernier dimanche est un très beau livre, original, bien écrit, drôle et profond. Il invite à réfléchir à notre vie familiale et dominicale, aux trésors que ce temps de respiration peut offrir au chrétien et à tout homme.


[1] Est-ce un pur hasard si je jeune curé se nomme Joris

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