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Une initiative en faveur du travail décent

8 octobre 2009

cftcLe mercredi 7 octobre était la journée du travail décent. Il ne me semble pas que cette journée ait eu un grand écho. C’est sans doute bien dommage. Les principales organisations syndicales n’ont pas su modifier un peu leur site internet pour rendre compte de l’évènement. Seule la CFDT laisse apparaitre la journée dans son agenda sur sa page d’accueil. Il semble que les syndicats sont plus intéressés par l’unité au service des revendications dans le cadre d’une journée d’action interprofessionnelle (CGT) que du travail décent. Le souci du travail décent apparait ainsi instumentalisé, au service de préoccupations franco-françaises bien limitées.

Il faut toutefois mentionner l’initiative de la CFTC. Le syndicat chrétien a le projet de créer un label certifiant le respect des normes de l’organisation internationale du travail. De précédentes initiatives n’avaient pu aboutir. L’objectif est de mettre en place une forme de traçabilité sociale des produits de façon à informer le consommateur du respect des normes sociales internationales telles que celles relatives au travail des enfants ou au salaire minimum. Une plaquette a été rédigée par la CFTC. Le projet part du constat que si de nombreux états ont signé les conventions de l’OIT, ces conventions restent couramment ignorées en pratique. Pour le consommateur, il est bien évidemment difficile, si ce n’est impossible, dans une économie mondialisée de savoir si une entreprise respecte ces normes.

Le projet de label est très difficile à réaliser en raison de son caractère international et des difficultés de contrôle pour s’assurer du respect sincère des normes internatationales. La réunion de syndicats européens d’abord puis au delà de l’Europe ensuite peut permettre d’espérer une meilleure efficacité du système de certification. Le choix de la certification permet d’espérer que les entreprises verront également l’intérêt qu’il y a à utiliser ce mode de valorisation des produits pour donner un avantage éthique à leurs produits.

La promotion du travail décent est l’objet essentiel de l’OIT. Elle est aussi un objectif de la doctrine sociale de l’Eglise (CEC, n° 301). Le droit à une juste rémunération,  le droit au repos, le droit « à des lieux et des méthodes de travail qui ne portent pas préjudice à la santé physique des travailleurs et qui ne blessent pas leur intégrité morale », le droit à des subventions convenables et indispensables pour la subsistance des travailleurs au chômage et de leurs familles ou encore le droit à la retraite ainsi qu’à l’assurance vieillesse et à l’assurance maladie et l’assurance en cas d’accidents du travail ont été particulièrement défendus dans Laborem exercens de Jean-Paul II. Ce sont ces normes fondamentales que la CFTC entend garantir au moyen de sa proposition de label.

Il ne s’agit pas uniquement de revendication de riches pour nos pays. Le travail décent, garantissant la dignité du travailleur, s’impose dans le cadre du commerce international. Cette démarche est une forme de mise en oeuvre de l’encyclique Caritas in Veritate. En s’adressant aux consommateurs, la labellisation en appelle ainsi à sa responsabilité. En effet, n’oublions pas que nous avons tous nécessairement une part de responsabilité dans les conditions de travail des salariés de nos pays et des pays avec lesquels nous commerçons. Consommateur final de leur production, nous sommes, en quelque sorte, les employeurs indirects de ces travailleurs. Jean-Paul II avait introduit et développé cette notion d’employeur indirect dans son encyclique Laborem exercens :

Si l’employeur direct est la personne ou l’institution avec lesquelles le travailleur conclut directement le contrat de travail selon des conditions déterminées, il faut alors comprendre sous le terme d’employeur indirect les nombreux facteurs différenciés qui, outre l’employeur direct, exercent une influence déterminée sur la manière dont se forment le contrat de travail et, par voie de conséquence, les rapports plus ou moins justes dans le domaine du travail humain.

Dans Caritas in Veritate, Benoit XVI précise clairement le rôle du consommateur dans une économie mondilisée. Responsabilité sociale du consommateur et responsabilité sociale de l’entreprise vont de pair (Caritas in Veritate, n° 66). C’est une forme de doctrine sociale appliquée au quotidien que propose ainsi la démarche de la CFTC. C’est également l’esprit des parcours Zachée créés au sein de la Communauté de l’Emmanuel afin d’inviter à mettre en conformité notre vie quotidienne dans le monde et notre vie spirituelle en s’appuyant sur la doctrine sociale de l’Eglise.

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