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Du gaullisme social de Philippe Séguin (in memoriam mais pas trop)

8 janvier 2010

Oui c’était un grand homme, un serviteur de l’État, courageux et fidèle, comme il y en a peu etc. Mais non ce n’est pas le dernier. Non ce n’est pas un grand génie politique qui nous manquera tous… Sinon pourquoi ne pas l’avoir suivi tant qu’il était vivant ?

Au risque de paraître rabat joie tristesse, je n’ai jamais été un fan de Philippe Séguin. Son action mérite le respect (ce qui n’est déjà pas si mal n’est-ce pas ? on ne peut pas dire cela de tout le monde) mais pas l’adhésion.

On salue son gaullisme social. Une grande idée la France, et de son indépendance, alliée au souci de la participation étaient au cœur du gaullisme. Il faut toutefois reconnaître qu’à l’exception de la mise en place de la participation aux résultats le social n’a guère été le point fort du gaullisme pratique. Les gaullistes sociaux reprennent cette part de l’héritage  idéologique avec l’espoir de parvenir à le mettre en pratique. Mais là aussi c’est un échec. L’essentiel du message est orienté vers une forme de nationalisme ou de souverainisme, comme on veut. Même l’aspect social  de la pensée de Philippe Séguin, à défaut d’action significative, paraissait marqué par un certain nationalisme. Sa défense de la cohésion sociale (il serait l’un des inventeurs de l’idée de fracture sociale dans le programme de Chirac en1995) est finalement une expression de son souci de l’unité de la nation.

L’opposition de Philippe Séguin au traité de Maastricht était inspirée par ce souverainisme gaullien peu libéral exprimé avec la plus grande éloquence. Ainsi que le rappelle Le Monde, ce gaullisme social, le séguinisme, est un mélange de populisme, de dirigisme et de nationalisme. Le gaullisme social de Philippe Séguin était finalement profondément anti européen comme l’illustre son éloge de l’unanimité, sa dénonciation de l’application du droit communautaire par le juge administratif ou de l’euro.

Cette louange quasi unanime du gaullisme social est étonnante. Elle illustre, un peu comme le retour de la démocratie chrétienne, un cruel manque d’imagination politique. Ces doctrines ne sont pas des vérités éternelles mais des réponses à des questions conjoncturelles. Pense-t-on réellement qu’elles peuvent répondre aux enjeux actuels ? Ressortons le discours à l’Assemblée Nationale de 1992 et voyons les effets qu’il peut provoquer dans le cadre actuel du débat sur l’identité nationale. C’est finalement surtout ce manque d’imagination politique qui est le plus inquiétant.

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2 commentaires leave one →
  1. 9 janvier 2010 9 h 37 mi

    P. Seguin était un gaulliste de conviction.
    Vous le classez comme gaulliste social. Mais cela n’existe pas.
    Pas plus d’ailleurs que le gaullisme souverainisme, le gaullisme de droite, …
    Le gaullisme est un tout. On est ou on n’est pas gaulliste.
    Il n’est ni de droite, ni de gauche, le gaullisme est une synthèse de valeurs, un comportement. Il est souvent aussi un refus… de la facilité, du renoncement, de l’abaissement.
    Pour de Gaulle, « la France ne peut être la France sans la grandeur. »
    Philippe Seguin était un gaulliste de conviction, un point c’est tout. Et aujourd’hui les gaullistes perdent l’un des leurs, certainement le meilleur.

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    • 9 janvier 2010 14 h 56 mi

      Merci pour votre commentaire. Vous remarquerez que j’ai surtout parlé des louanges du gaullisme de Philippe Séguin, notamment dans ses aspects sociaux. Dans ma présentation (excessivement rapide) du gaullisme, j’ai tenté de lier l’idée d’indépendance de la France et de participation. Vous avez tout à fait raison de dire (j’ai quelques scrupules de me permettre de dire cela…) que le gaullisme est un tout. Il reste que les gaullistes ont des sensibilités qui les portent plus vers un pôle que vers un autre, c’est naturel. Certains ont, en outre, regretté que le projet gaulliste n’ait pas suffisamment avancé sur le terrain social (malgré le travail de R. Capitant par exemple). Ceux-ci sont souvent classés gaullistes sociaux voire de gauche. A la suite de votre remarque je pense effectivement que le vrai gaulliste est social et ne peut pas ne pas l’être.
      Tout cela étant dit, malgré le respect que l’on peut (doit ?) avoir pour ces idées, vous aurez compris que je ne les partage guère. Mon souci tient surtout au manque d’imagination politique…

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