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Un baptême à vivre (à propos du synode diocésain du Diocèse de Versailles)

9 mai 2010

Que veux-tu que nous fassions, à quelles conversions nous appelles-tu, et quelles décisions nous demandes-tu de prendre, en communion avec toute l’Église, pour servir ton règne, ici, dans notre Église locale, c’est-à-dire notre diocèse ?

Pour tenter de répondre à cette question, Mgr Aumonier a annoncé lors de la messe chrismale  sa décision de convoquer un synode diocésain qui sera célébré dans son diocèse de Versailles. Les baptisés des Yvelines ont reçu ou vont recevoir une lettre pastorale expliquant la démarche de leur évêque, qui se trouve être le mien. Beaucoup se demandent déjà ce que l’on peut bien faire dans un synode et quel en sera l’objet et, finalement, si cela les concerne. Ceux qui pensent un peu rapidement que cela n’est pas pour eux se trompent. Sans doute faut-il redire ce qu’est un synode pour comprendre l’importance d’une telle démarche pour tous les catholiques des Yvelines.

Synode viendrait de sun(avec)-odos(marcher)… cheminer ensemble (l’étymologie est toutefois contestée). Le mot est d’une certaine façon, l’équivalent grec de concilium (assemblée) qui a donné concile. Le synode est donc un chemin parcouru ensemble au sein de l’Église catholique. Reste à savoir qui est ensemble et quel est le chemin et son but. Le synode diocésain est la réunion des prêtres et des autres fidèles de l’Église particulière choisis pour apporter leur concours à l’Évêque diocésain pour le bien de la communauté diocésaine tout entière (CIC, can. 460). Si, traditionnellement et jusqu’au Code de 1983, le synode était une réunion de clercs, il est aujourd’hui une assemblée de prêtres et de fidèles. Il est devenu plus exactement que par le passé l’assemblée solennelle du diocèse, présidée par son évêque, membre lui-même du synode. En revanche, comme par le passé, la finalité du synode est d’apporter son concours à l’Évêque, guide de la communauté chrétienne, dans l’exercice de cette fonction qui lui est propre (Instruction de la Congrégation pour les évêques 1997). Il est une institution de conseil et de savoir et non de pouvoir. Jean-Paul II voyait dans le synode tout à la fois « un acte de gouvernement épiscopal et un événement de communion ». La convocation et la célébration d’un synode sont par conséquent un moment important dans la vie de l’Église locale autour de son évêque. On comprend que le Concile de Vatican II ait souhaité voie renaître cette très ancienne institution (Christus Dominus, n° 36). Il faut reconnaitre que ce souhait n’a pas été pleinement réalisé. Le synode apparait malgré tout comme une institution fondamentale du diocèse. Le premier chapitre du titre consacré à l’organisation de l’Église locale porte sur le synode marquant clairement son caractère essentiel.

Il reste que la mission du synode est essentiellement consultative. L’évêque préside et reste l’unique législateur dans son diocèse. Les autres membres du synode ne possèdent qu’une voix consultative. L’évêque signe seul les déclarations et les décrets du synode qui ne peuvent être publiés que par son autorité dans son diocèse.

Lorsque le synode était essentiellement clérical, il portait sur la discipline ecclésiastique et la sainteté du clergé ainsi que sur la rédaction des statuts synodaux contribuant à l’organisation du diocèse. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’embrasser l’ensemble de la vie de l’Église locale. L’objet des synodes est plus pastoral.

Communion et mission , en tant qu’aspects inséparables de l’unique but de l’activité pastorale de l’Église, constituent le « bien de la communauté diocésaine tout entière » (Instruction 1997).

Le synode, donc, non seulement manifeste et réalise la communion diocésaine, mais encore est appelé à «  l’édifier  » par ses déclarations et ses décrets (Instruction 1997).

Les synodes portent sur quelques thèmes déterminés voire sur un seul, parfois très larges malgré tout : c’est le cas du thème retenu par Mgr Aumonier pour le synode diocésain de l’Église qui est dans les Yvelines.

Un baptême à vivre

Est-ce encore un thème ? Finalement rechercher comment vivre notre baptême conduit à poser la question de la vie chrétienne. Lorsque la question est posée à la communauté des chrétiens d’un diocèse, cette question devient celle de la vie personnelle et communautaire à la suite du Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Rien que cela ! C’est dire que la portée d’une telle démarche peut être importante alors que la situation de l’Eglise, dans les Yvelines comme ailleurs, est source d’incertitude voire d’inquiétude. La réponse à la question posée par notre évêque peut également avoir une portée sociale. Mgr Aumonier rappelle justement dans sa lettre pastorale que la démarche synodale

revêt même une portée pour ainsi dire “politique”, car l’attente de Dieu dans notre société est plus forte que nous ne l’imaginons, tout comme le besoin que règne la charité effective.

Il s’agit avant tout d’un cheminement spirituel, à l’école du Saint-Esprit, qui doit déboucher sur des propositions concrètes pour l’ensemble du diocèse. Trois questions sont posées pour orienter la méditation et la réflexion sur notre vie de baptisés. La première porte sur l’intensité de la vie fraternelle des baptisés, enfants d’un même Père. Prenons-nous soin des pauvres, des malades, des catéchumènes ? Nourrissons-nous notre vie de baptisés de prière et du pain de Dieu ? Une deuxième question révèle l’importance nouvelle de l’évangélisation. Notre vie de baptisés implique l’annonce de l’Évangile. Rompant d’une certaine façon avec la stratégie de l’enfouissement, les baptisés sont appelés à l’évangélisation dans la société d’aujourd’hui, telle qu’elle est. Mgr Aumonier nous invite notamment à identifier « [e]n quels lieux s’impose avec une particulière urgence l’annonce de l’Évangile ». La troisième question résonne comme un double appel à la fois au réalisme et à l’ambition. Il s’agit d’adapter les moyens au but.

Pour l’annonce de l’Évangile, pour servir la prière, la solidarité, la formation, la vie communautaire, l’accueil pour les sacrements et la catéchèse, nous avons mis en oeuvre depuis des années des “dispositifs pastoraux”. En évaluant leur pertinence, que proposons-nous pour qu’ils soient plus adaptés à la situation actuelle ?

Les moyens humains notamment sont limités. L’expérience de la catéchèse en paroisse illustre douloureusement les difficultés de l’évangélisation fondamentale des enfants et de leur famille. Les fruits n’en sont heureusement que plus étonnants. Une vue claire et lucide des buts de la vie baptismale fournira l’orientation d’une évangélisation qui ne reposera pas uniquement sur une gestion de la pénurie. Alors que la réorganisation des paroisses peut parfois ressembler à une telle gestion, l’appel de notre évêque invite à réfléchir d’abord aux buts et non aux moyens. Cela ne peut se faire que dans la conscience de nos faiblesses et dans la confiance.

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6 commentaires leave one →
  1. 9 mai 2010 20 h 53 mi

    « Il est une institution de conseil et de savoir et non de pouvoir. »

    C’est là une grande différence entre le fonctionnement des Eglises catholique et réformée : chez les réformés, le synode est un organe de pouvoir. Les décisions sont collégiales, prises par des élus…

    Aussi, connaissant le terme et sa signification dans l’Eglise réformée, je dois avouer mon étonnement quand j’ai entendu parler pour la première fois de ce synode… Mais je m’en réjouis : si l’évêque demande leur avis aux gens, c’est peut-être qu’il compte s’en servir ? Quant au thème… Il est tellement vaste que cela m’en laisse perplexe. On verra ce qui nous est proposé. Je compte bien suivre cela de près ! 🙂

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    • 11 mai 2010 14 h 48 mi

      Seul législateur ne signifie pas qu’il peut ne pas tenir compte de l’avis du synode pour adopter les mesures (décrets) qu’il veut. Il n’a simplement pas un droit de veto mais assume la mission de législateur. Si j’ai bien compris, il ne peut pas amender le résultat du synode. Un constitutionnaliste pourrait contester d’ailleurs la terminologie employée car il semble que l’évêque aurait finalement plus un pouvoir exécutif (pouvoir de promulguer les décisions) que législatif. Mais là je me m’avance peut-être un peu…
      Le synode est un acte d’Église ; il est nécessairement lié à la conception que l’on a de l’Église… Nous croyons surtout qu’il est dirigé par l’Esprit saint.

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  2. jean316 permalink
    15 mai 2010 7 h 02 mi

    @ Tigreek : la « principale » différence ? Euh… Il existe quand même des différences un « tout petit peu » plus essentielles… D’autant que les communautés protestantes n’ont pas toujours été, comme aujourd’hui, des démocraties (sous Luther et Calvin, elles ont plutôt commencé comme des oligarchies dirigées par une caste de théologiens tout-puissants).

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    • 16 mai 2010 10 h 09 mi

      tigreek a écrit une grande différence… c’est évidemment loin d’être la seule ni peut-être la plus importante. Il me semble, en outre, que la remarque visait uniquement l’institution du synode.

      Par ailleurs, la démocratie est un moyen d’atteindre le bien commun, ce n’est pas le seul. Même lorsqu’elle recourt au principe majoritaire, l’Eglise catholique n’y voit pas une expression de la volonté de ces membres (genre Rousseau) mais une décision inspiré par l’Esprit saint. L’Evêque conserve un rôle imminent dans le synode en tant que successeur des Apôtres et tête de l’Eglise locale.

      Merci de vos commentaires qui me donnent l’idée d’un nouveau billet…

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  3. jean316 permalink
    17 mai 2010 14 h 23 mi

    Exactement (et désolé d’avoir lu trop vite le message de tigreek). Ne croyez absolument pas que je souhaite que l’Eglise devienne une démocratie. Le Christ, Chef de l’Eglise, a confié la responsabilité de son Eglise au Collège des Apôtres (et leurs successeurs les évêques) en communion avec Pierre (et ses successeurs les papes), toujours guidés par l’Esprit Saint, qu’ils choisissent de demander l’avis des fidèles ou non. Il n’a jamais dit « vous êtes 50% de mes disciples plus une voix et sur ces 50% plus une voix je bâtirais mon Eglise ». Et par exemple, le Pape n’est pas élu par 2/3 des cardinaux, il est choisi par l’Esprit Saint qui inspire aux cardinaux de le désigner.

    D’ailleurs je crois que le Code de droit canonique écrit en toutes lettres que les Evêques détiennent les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sur leur Eglise particulière, dans le respect des décisions du Pape qui dispose des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sur l’Eglise universelle.

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