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Le péril jeûne

9 mars 2011

Nous entrons aujourd’hui en Carême : quarante jours pour tenter de se convertir avec un peu plus de conviction que d’ordinaire. Quarante jours pour pratiquer avec plus d’assiduité le jeûne, la prière et l’aumône. Quarante jours pour nous conformer davantage au Christ. Le message de Benoît XVI pour le Carême 2011 nous éclaire sur ce chemin de conversion à partir des lectures des semaines à venir. Il nous rappelle aussi le sens du jeûne chrétien :

Le jeûne, qui peut avoir des motivations diverses, a pour le chrétien une signification profondément religieuse: en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères.

Le jeûne est une forme de pénitence qui consiste à se priver substantiellement de nourriture. Il est prescrit par le droit canonique (Can. 1249 et s.). L’abstinence est également une forme de pénitence mais consiste à ne pas manger certains aliments certains jours de l’année liturgique. Le mercredi des cendres est un jour d’abstinence et de jeûne :

Can. 1251 – L’abstinence  de  viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Évêques, sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.

Les Conférences des évêques peuvent aménager ces principes. C’est ainsi qu’en France le jeûne et l’abstinence sont prescrits le mercredi des cendres pour les catholiques de 18 à 60 ans, sauf pour raisons de santé évidemment.

Pour aller au-delà de cette dimension juridique, qui ne plaira pas à tout le monde, le message de Benoît XVI nous en fournit l’esprit. Le jeûne est un moyen pour “vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour”. Si le Christ nous invite à vivre notre pénitence sans ostentation, il ne faut pas en déduire que le jeûne soit une affaire strictement personnelle :

Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain (cf. Mc 12,31).

Le jeûne ouvre sur l’aumône et l’amour du prochain. Il comprend nécessairement une dimension sociale. Le temps que nous ne passons plus à nous goinfrer à table (du moins pour ceux qui le peuvent) peut ainsi être consacré au service de nos frères et à la prière. D’une certaine façon, ces quarante jours sont une invitation à être consommé plus qu’à consommer, pour une idée de W. Cavanaugh. Le jeûne ne peut qu’être mal compris voire mal considéré dans des sociétés comme les nôtres.

Les expériences personnelles en temps de Carême sont variées. Nous avons la chance de pouvoir recommencer tous les ans… Saisissons cette occasion que nous donne l’Eglise de progresser un peu sur le chemin de la sainteté. Il existe de multiples propositions pour nous y aider dans nos paroisses et sur internet. Je pense notamment à la retraite dans la ville de nos amis dominicains de Lille.

Bon Carême à tous !

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