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Le Christ n’est pas un concept

7 novembre 2011

et son visage non plus… C’est la première réflexion qui me vient à l’esprit en lisant le nom de la pièce de Castellucci (ici aussi) dont les dernières représentations parisiennes ont lieu ce week end (mon pearltree sur l’affaire et celui d’Amblonyx). Face à la polémique, j’ai été, comme beaucoup de catholiques, d’abord choqué par le traitement du sujet mélangé de référence chrétienne. Puis, le thème m’a intrigué au point que j’ai eu envie de voir la pièce sans y parvenir pour cause de non compatibilité de mon planning et de celui des théâtres. J’étais sur le point d’abandonner l’idée d’aborder la question lorsque je me suis rendu compte qu’il fallait peut-être dépasser la lassitude qui m’avait gagné au cours de cette polémique. J’y ai été aidé, d’une part, par la visite de la très belle exposition sur Fra Angelico au Musée Jacquemart-André et, d’autre part, par la lecture de Fabrice Hadjadj (La foi des démons, Salvator 2010).

Sur le fond de la pièce, on ne peut nier qu’il y a une réelle attention du fils à l’égard de son père. L’abbé Grosjean l’a relevé au sortir de la pièce. Les scènes de soins illustrent une forme de souci de l’autre que l’on peut juger estimable :

On ne peut toutefois manquer d’être très mal à l’aise face à la débauche excrémentielle qui occupe largement la scène (Voir ici en particulier). C’est terrible de voir les créateurs contemporains tourner aussi régulièrement autour du pipi-caca. Cela fait penser aussi à ces opéras en imperméables sur fond d’échafaudages. Une véritable critique artistique serait déjà salutaire avant de se lancer dans l’anathème définitif. L’accusation de blasphème est un peu rapide et mériterait d’être justifiée. Il y a peut-être des arguments en ce sens mais ils mériteraient d’être formulés plus rigoureusement. Le blasphème est une parole ou un écrit injurieux pour Dieu ou la religion (Petit dictionnaire de droit canonique). Il est sanctionné par le Code de droit canonique lorsqu’il est publique :

Can. 1369 – Qui, dans un spectacle ou une assemblée publique, ou dans un écrit répandu dans le public, ou en utilisant d’autres moyens de communication sociale, profère un blasphème ou blesse gravement les bonnes mœurs, ou bien dit des injures ou excite à la haine ou au mépris contre la religion ou l’Église, sera puni d’une juste peine.

En France, « le blasphème, qui outrage la divinité ou la religion, n’y est pas réprimé, à la différence de l’injure, dès lors qu’elle constitue une attaque personnelle et directe dirigée contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse » (TGI Paris, 17e ch. corr., 22 mars 2007, aff. dite des caricatures de Mahomet : JCP G 2007, II, 10079, note E. Derieux). Pour l’essentiel, c’est exact ; il faut toutefois réserver le cas, discuté il est vrai, du droit local alsacien-mosellan. L’article 166 du code pénal local dispose que « celui qui aura causé un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants, ou aura publiquement outragé un des cultes chrétiens ou une autre communauté religieuse établie sur le territoire de la Confédération et reconnue comme corporation, ou les institutions ou cérémonies de ces cultes ou qui, dans une église ou un autre lieu consacré à des assemblées religieuses, aura commis des actes injurieux et scandaleux, sera puni d’un emprisonnement de trois ans au plus ». La conformité de ce texte à la Constitution notamment reste incertaine mais jusqu’à nouvel ordre ce texte est toujours en vigueur.

Pour revenir à la pièce de Castellucci, ne l’ayant pas vu, je peine à me décider sur la question du blasphème au sens que nous, chrétiens, pouvons donner à ce terme. Le fait même qu’il y ait un doute devrait inciter à écarter un tel grief. Il se peut que ceux qui crient au blasphème en lançant des oeufs et de l’huile de vidange sur les spectateurs n’aient pas choisi la meilleure voie pour réparer l’offense faite au Christ.

C’est là que la lecture de Fabrice Hadjadj me semble éclairante. Ce qui attriste le plus dans cette affaire n’est sans doute pas qu’un dramaturge ait créé une pièce plus ou moins médiocre, touchante ou blessante pour les chrétiens ; ce qui attriste le plus est sans doute la nouvelle occasion de division entre chrétiens. J’en connais un (pas personnellement non plus… du moins j’espère) qui doit se réjouir en ce moment : c’est le diable. Le plus grand commun diviseur de l’humanité jubile certainement de nous voir nous étriper autour d’une pièce dont l’histoire du théâtre sera juge en dernier ressort (ce qui n’interdit pas aux chrétiens d’intervenir dans un dialogue sur la valeur artistique de la pièce). La Foi des démons fait apparaître au grand jour la tactique du diable : nous dresser les uns contre les autres. Pour une vertu, deux vices : le courage n’est ni la témérité, ni la lâcheté. Accumuler les bûchers n’assure pas davantage la défense de la foi que le quiétisme même sur le mode bisounours :

Mille autodafés ne feraient pas un seul acte de foi (p. 135)

Les insultes qui ont fusé de part et d’autre ne sont pas à l’honneur des chrétiens. J’imagine volontiers le Père se prendre la tête entre les mains et se demander ce qu’il va bien pouvoir faire de nous. Notre combat est d’autant plus difficile que l’excès nous est interdit. En réalité, c’est peut-être surtout qu’il est ailleurs… Reprenons les propos de Mgr d’Ornellas en conclusion de son intervention sur la pièce (qui sera jouée à Rennes dans quelques jours…) :

Ne nous trompons donc pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. Manifester contre Castelluci est une erreur de perspective. Nous, chrétiens, nous croyons au Christ, Fils de Dieu. Vivre selon notre foi est notre vrai combat quotidien, dans l’amour qui écoute vraiment le cri des chercheurs de Dieu, dans l’amour qui dialogue en vérité.

En conclusion, à défaut d’avoir vu la pièce et de pouvoir mesurer l’ampleur de sa portée spirituelle ou de son caractère blasphématoire, j’ai pu visiter l’exposition sur Fra Angelico au Musée Jacquemart-André. Et là, pour le coup, j’ai perçu ce qu’une œuvre inspirée peut signifier. On y voit le visage du fils de Dieu représenté par un artiste qui ne pouvait peindre la crucifixion sans avoir son propre visage baigné de larmes. On y voit la figure du sauveur et ce n’est pas un concept. Cela n’interdit pas de représenter les outrages dont a été victime le Christ au cours de sa Passion.

Détail du Christ aux outrages (Couvent San Marco, Florence)

Pourquoi ne pas valoriser d’avantage une telle exposition et, plus généralement, ne pas rechercher davantage ce qui est beau et vrai ? Ce qui me rassure, c’est que, en définitive, beaucoup plus de visiteurs seront touchés par la beauté et la spiritualité de Fra Angelico qu’il n’y aura de spectateurs pour toutes les représentations de la pièce de Castellucci (à supposer qu’elle soit blasphématoire).

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26 commentaires leave one →
  1. 7 novembre 2011 21 h 39 mi

    Bref j’ai visité cette exposition…

    merci Nicolas pour cette relecture simple mais pleine de justesse.
    Je reprendrais la phrase gravé sur le fronton de mon ancien lycée « le bien ne fait pas de bruit, il agit humblement en silence »…

    à nous de relever ce gant sans tomber dans les deux travers que tu as cité !
    (neuvième béatitude : « Heureux les montagnards, à ma suite ils marcherons sur les lignes de crêtes »)

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  2. hélios permalink
    7 novembre 2011 22 h 10 mi

    On ne peut qu’apprécier votre honnêteté. Vous ne portez pas d’appréciation parce que vous n’avez pas vu la pièce de Castellucci. Toutefois, la lecture de très nombreuses présentations de cette pièce donnerait à penser, au contraire, qu’il s’agit d’une pièce chrétienne. Après, on peut ou ne pas aimer la forme, l’esthétique du « pipi-caca » à laquelle vous faîtes allusion.
    Donc, manifester contre cette pièce est « contre-productif », comme on dit aujourd’hui, pour nous chrétiens.
    Dans le même temps, il ne faut pas oublier les belles présentations de « Histoire d’une âme » avec une actrice de grand talent. Grand succès.
    Et « Histoire d’une âme » a été présentée en province….Il y a eu aussi une pièce de théâtre sur Etty Hillesum absolument superbe.

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    • 7 novembre 2011 22 h 19 mi

      Pièce chrétienne… ce serait un peu forcer le trait tout de même! Une pièce au contenu spirituel pourrait convenir. Mais ne chipotons pas…
      Je pense en effet que l’esthétique pipi-caca peut ne pas plaire et c’est en effet sur le terrain de l’esthétique (qui n’écarte pas nécessairement un jugement moral) que le jugement doit se porter.

      Enfin et surtout : OUI parlons des autres beaux spectacles ! On aimerait aussi voir plus souvent des représentations des pièces de Fabrice Hadjadj d’ailleurs (si quelqu’un peu faire passer le message ! Merci).

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  3. hélios permalink
    7 novembre 2011 22 h 15 mi

    [edit : c’est corrigé!]

    J’en profite pour vous dire bravo pour votre pearltree sur la pièce de Castellucci.

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    • 7 novembre 2011 22 h 22 mi

      Merci ! Il faut dire que celui d’Amblonyx est tout à fait excellent et plus complet…

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  4. 7 novembre 2011 22 h 48 mi

    Avez-vous lu les travaux d’Howard Becker sur l’Art? 😉

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    • 7 novembre 2011 22 h 53 mi

      Non… pas plus ceux-ci que les autres (mais je pense qu’il va falloir que je m’y mette un peu avant l’âge de la retraite…).

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  5. 8 novembre 2011 6 h 15 mi

    Division entre chrétiens, c’est vrai que c’est un scandale, mais pas bien nouveau !
    La position de Mgr D’Ornellas me semble contribuer négativement à cette affaire : rien ne l’obligeait à donner ainsi la parole sur le site de son diocèse à Castellucci dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est ambigü !
    La position de Mgr Vingt Trois, traitant les priants manifestants d’idiots sympathiques : pas adapté.
    Je salue néanmoins votre billet, notamment la conclusion car c’est bien dans la promotion du beau, du vrai et du bien à laquelle les chrétiens doivent s’investir en priorité : poser donc des OUI, ce qui n’interdit pas bien au contraire en ce cas de poser des NON.
    Je vous invite à lire mes propres réflexions sur ce sujet, notamment les parties 3 et 4.
    http://www.citeetculture.com/article-reflexions-a-propos-de-christianophobie-4-87882202.html
    Paxx et Bonum

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    • 8 novembre 2011 16 h 24 mi

      Lorsque les réactions deviennent excessives, il est difficile de trouver la bonne réponse… Je suis étonné que personne ne m’ai reproché encore de me placer un peu prétentieusement au-dessus des deux extrêmes. La réaction de Mgr d’Ornellas ne me paraît pas contestable même si cela donne un peu d’importance à Castellucci.

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  6. 8 novembre 2011 10 h 00 mi

    Merci, excellent billet.

    Cependant il ne fut pas mélanger ceux qui ont été offensés par la pièce (réactions peut-être excessive), et ceux qui luttent contre la christianophobie, bien présente, bien réelle.

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    • 8 novembre 2011 16 h 28 mi

      Je ne nie pas que l’on puisse se sentir offensé par la pièce même si elle n’est pas nécessairement blasphématoire. Et il n’est pas sûr que le Christ soit ravi de cette création…
      Quant à la christianophobie, je peine à me prononcer sur un tel concept. Il y a une hostilité à l’égard des chrétiens en général ; c’est certain. Mais finalement, est-ce toujours un mal ? Comme dit mon curé, le jour où nous ne ferons plus réagir nos contemporains, ce sera très mauvais signe…

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  7. corine permalink
    8 novembre 2011 10 h 02 mi

    Mille fois d’accord pour davantage de représentations de pièces d’Hadjadj ! Merci pour ce billet.

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  8. Tissier permalink
    8 novembre 2011 15 h 39 mi

    Merci pour votre commentaire. Rien que pour avoir personnellement vécu l’épreuve des soins donnés au père par le fils,et, sans avoir vu la pièce mais lu attentivement la critique, je suis reconnaissant à Castelluci d’avoir osé mettre cela en scène.Lui-même, dans l’entretien qu’a publié Le Monde, rappelle que la
    merde aussi fait partie de la création. Où est le blasphème ?L’oublier relève d’un angélisme bien mal venu, et la tendance, quoiqu’on dise, reste à l’angélisme.

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    • 8 novembre 2011 16 h 34 mi

      Tout dépend de la destination du caca en cause… La crotte est une réalité humaine que le diable n’expérimentera jamais, tout ange déchu qu’il soit. Il n’a pas de corps. Et notre corps constitue une part essentielle de notre originalité voire de notre supériorité sur le démon (l’importance du corps est d’ailleurs excellemment mis en valeur par toute l’œuvre de Fabrice Hadjadj). L’angélisme peut être démoniaque…
      En revanche, si la crotte finit sa course sur une représentation du Christ, je pense que l’on peut sérieusement trouver à y redire… non ?

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  9. 8 novembre 2011 16 h 31 mi

    Le billet qu’il fallait sans doute pour conclure cette sinistre affaire…
    Ce qui m’interpelle, dans l’art contemporain (au sens large) c’est cette volonté de reproduire la laideur du réel par la laideur (ou plutôt l’absence volontaire d’esthétisme) artistique.
    Je lui préfère l’exercice, ô combien plus délicat, de traduire la laideur du réel (la mort, les péchés…) par la beauté artistique, comme la démarche classique.
    Rien n’est plus laid que le récit de la Passion (le Christ excepté, bien entendu 😉 ) mais rien n’est plus beau que ce qu’en a sorti Bach…

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    • 9 novembre 2011 13 h 17 mi

      Je n’ai pas d’avis sur cette affaire mais j’ai tiqué lorsqu’on parle du beau et du laid, qui sont des notions dépendant fortement du contexte social et culturel. Par exemple, Caravagge était admiré de son vivant, puis il tomba dans un oubli relatif et au XIXème siècle, on lui reprochait de peindre « laid ». Vous avez évoqué Bach. Nous l’apprécions parce que nous avons appris à le faire mais si on le faisait écouter à, disons, un musicien de la Renaissance. Le trouvera-t-il beau? 🙂

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  10. 8 novembre 2011 16 h 39 mi

    @ Tissier mais pas seulement, cette réflexion du Père Viot qui parle, à propos de Castellucci, non pas de christianophobie ou de blasphème mais d’hérésie.

    « Christianophobe, Roméo Castellucci ? Il ne m’appartient pas de le dire, mais hérétique certainement. Il reprend à sa manière l’hérésie d’Arius (IIe siècle ap JC). Jésus n’est plus qu’un homme compatissant à nos misères et à nos excréments. Un prophète pas sûr puisqu’il dit d’une manière très lapidaire que « son histoire est ambiguë », il est bien en dessous du Coran quant au respect du au Christ. Qui sait si des musulmans n’en sont pas affecté. En tous cas beaucoup ne voudraient pas que leur prophète fût traité ainsi lui qui pourtant n’a jamais été divinisé. Beaucoup pensent et disent discrètement bien sûr « ils sont fous ces chrétiens ». L’intégrlité est ici :
    http://www.hommenouveau.fr/index.php?id_billet=308&suite=1

    Un développement théologique que j’avais lu ailleurs mais je ne me souviens plus où, et qui n’est pas sans relation avec ma critique de la position de Mgr d’Ornellas.

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    • 9 novembre 2011 13 h 22 mi

      Parler d’hérésie présuppose une croyance. Arius croyait en Dieu et en Jésus comme Messie mais réfutait sa nature divine.

      Bien que notre société est fortement déchristianisée, elle continue d’utiliser le Christ comme marqueur culturel. Un athée désirant parler de la mort et de la souffrance peut utiliser la figure du Christ car ça parle à tout le monde. Même si on ne croit pas au Christ, on sait « naturellement » qu’il est le Messie mort pour nos péchés et qu’il avait une expérience particulière de la souffrance. Il occupe une place analogue aux mythes pour les Anciens.

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  11. hélios permalink
    9 novembre 2011 16 h 07 mi

    Nicolas, je suis allé lire le pearltree d’Amblonyx sur la pièce de Castellucci. Il est vrai que ce pearltree est très intéressant. L’une des perles porte sur un texte dont le titre est un « épouvantable malentendu », texte publié dans « Nouvelles de France » d’une certaine Myriam Picard qui a vu la pièce.

    L’intérêt de son commentaire est qu’elle décrit très précisément cette pièce dans son déroulement. J’ai lu, enfin, une vraie description et non un commentaire. Et donc, il me semble que le qualificatif que j’utilisais « pièce chrétienne » est juste.

    Dans les commentaires du billet « épouvantable malentendu », j’ai retenu celui de Gilles qui a vu la pièce en Avignon. Il est curieux qu’il n’y ait eu aucune réaction violente en Avignon alors qu’il y avait eu « Pisschrist ». L’a ssociation « Foi et culture » avait organisé un débat sur la pièce en présence de Castellucci. Débat très riche.

    Merci à Amblonyx pour son intéressant et indispensable pearltree.

    Hélios

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    • 9 novembre 2011 21 h 01 mi

      En réalité, j’aurais presque une réserve générale sur l’idée d’un art chrétien. A part des cas comme Fra Angelico, la notion même pourrait être contestée. En tout cas, je réserverais le terme à des œuvres dont le message est intentionnellement chrétien (ce qui peut déjà suffire à discréditer la notion si l’on considère que l’intention du créateur est secondaire en art [à la différence du droit selon certains]). Il ne semble pas que l’intention de Castellucci ait été de faire une œuvre chrétienne; c’est pour cela que je me serais contenter de spirituelle… (mais j’avoue que je chipote).
      Effectivement Bravo à Amblonyx pour son pearltree (en fait, j’ai arrêté le mien lorsque j’ai pris la mesure de l’avance qu’il avait prise).

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  12. Jean-Michel permalink
    9 novembre 2011 21 h 45 mi

    Croyez-vous franchement que le Diable se soucie de ces pitreries? Il a autre chose à faire, à commencer par rester anonyme et tirer les ficelles sur des enjeux autrement spirituels. Là où la foi est vivante ( en Afrique ou en Asie), là oui il pourra diviser.En Occident son seul souçi, c’est que nous dormions. Le meilleur service à rendre à ceux qui sont ses jouets est de les détourner de ces épiphénomènes. Et comme ce site se place sous le patronnge d’un saint anglais, laissez moi citer un génie religieux de la même nation ( Newman): « Son vieil ennemi a écarté son bon ange et en a pris la place; il est assis près de lui, joyeux de sa victoire et attendant patiemment sa proie. Il ne le pousse pas à de nouveaux péchés, de peur de réveiller sa conscience endormie, et d’y porter le trouble. Il le laisse s’amuser d’un simulacre de foi, d’une ombre de piété, d’un semblant de culte. Il l’aide à se créer un simulacre de religion capable de satisfaire sa raison affaiblie, sachant bien que cette parodie ne doit pas avoir une longue durée, que la mort n’est plus qu’une question de temps et qu’il pourra bientôt l’entraîner avec lui dans sa sombre demeure ».

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    • 9 novembre 2011 21 h 54 mi

      La question serait de savoir quelles sont les pitreries dont vous parlez. Le seul fait que le doute soit permis montre à quel point la plupart des positions (postures ?) adoptées est peu adaptée.
      Certainement que le principal souci du diable est de nous laisser assoupis. Cependant, il peut trouver aussi intérêt à notre brutal réveil !
      Quant à la foi vivante, je préfère ne pas me prononcer…

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  13. Jean-Michel permalink
    9 novembre 2011 22 h 14 mi

    NM, tout dépend de ce que l’on met sous les mots en effet. Il y a « réveil » et « réveil ». Je ne pense pas que cette pièce soit une occasion favorable pour se « réveiller ». D’autres enjeux plus considérables méritent notre « réveil ». Bref, à propos de cette « affaire », le mieux, c’est de passer à autre chose, et surtout d’éviter la posture victimaire. Il est normal que la pièce ait fait réagir. Comme disait Roland Barthe, c’est un « opérateur de langage ». J’y ai sacrifié moi aussi: la preuve!

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    • 9 novembre 2011 22 h 18 mi

      Et moi donc… après avoir beaucoup hésité. Passer à autre chose et de plus enthousiasmant : oui et déjà sur le plan esthétique (c’est d’ailleurs ma conclusion) et bien évidemment spirituel !

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  14. hélios permalink
    10 novembre 2011 22 h 36 mi

    Oui, oui, tout à fait d’accord avec votre critique de la notion de « pièce chrétienne ». Antithèse de « pièce anti-chrétienne ».
    Pièce chrétienne en ce sens que le sujet abordé invite à une méditation dont le centre est le Christ (cet immense visage du Christ présent d’un bout à l’autre de la pièce d’après la description précise de Myriam Picard. Mais la notion est en effet discutable.

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