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Le schtroumpf politique

22 novembre 2011

Cet album est un chef d’œuvre absolu, voire probablement un des meilleurs bouquins politiques du XXe siècle (Zidrou).

A l’approche des Semaines Sociales de France consacrées à la démocratie, je ne pouvais pas vous laisser dans l’ignorance de cette œuvre essentielle de la pensée politique moderne, je veux parler du Schtroumpfissime.Henry le Barde nous a déjà finement entretenu de l’œuvre dans un billet mémorable (V. aussi Fromage) que je ne prétendrai pas égaler par ces quelques observations juridico-politiques.

Les faits sont bien connus. Le Grand Schtroumpf part précipitamment du village pour aller chercher de l’euphorbe laissant les jeunes Schtroumpfs un peu désemparés. Autrement dit, ils retournent quasi instantanément à l’état de nature (à moins qu’ils ne l’aient pas vraiment quitté même sous la houlette du Grand Schtroumpf?). En quelques cases, la guerre de tous contre tous éclate face au refus de chacun d’abdiquer sa souveraineté personnelle. Les premières recherches d’un chef se solde par un bagarre digne d’un autre village (breton cette fois).

L’intérim autoproclamé du Schtroumpf à lunettes ne convainc personne. Le plus âgé est immédiatement discrédité. Seul l’accord sur une procédure de vote permet de rétablir un semblant de calme. Cependant, ce consensus sur une règle purement procédurale ne suffit pas car chacun affirme à nouveau sa souveraineté et vote pour lui…

S’engage alors la campagne électorale qui va opposer Schtroumpf au Schtroumpf à lunettes. On remarquera que l’adversaire du sentencieux Schtroumpf à lunettes est un Schtroumpf ordinaire, un Schtroumpf sans qualité, quasiment abstrait issu d’une masse indifférenciée ; bref, une belle illustration a priori de l’égalité politique…

La campagne électorale fait aussi apparaitre deux éléments importants d’une vie politique active. D’une part, Schtroumpf (sans lunettes) se démarque des autres en faisant des promesses qu’il n’a d’ailleurs guère l’intention de tenir. C’est facile de promettre… Le seul à rester hermétique (à part le Schtroumpf à lunettes) est le Schtroumpf grognon

Moi, je n’aime pas les Schtroumpfs qui veulent qu’on vote pour eux !

D’autre part, second élément, grâce à son début de campagne et à sa démagogie, Schtroumpf réussit à réunir autour de lui un mouvement popuschtroumpf. Ce n’est pas encore un parti mais on n’en est pas loin.

L’un des grands moments du Schtroumpfissime voire de l’histoire schtroumpfe en général reste sans aucun doute le meeting organisé par Schtroumpf. Son discours mériterait de figurer dans toutes les anthologies de discours politiques. Il révèle en même temps l’originalité et l’efficacité de la langue schtroumpfe (voir ici). Toute la démagogie de Schtroumpf est dénoncée autant que masquée par une rhétorique diablement efficace. Seul le Schtroumpf à lunettes peut encore se faire des illusions avant le scrutin. Remarquons cependant que c’est lui également qui invente la fraude électorale. Il tente par deux fois de voter à nouveau mais sans succès. Des qu’il y a des élections, il semble qu’il doive y avoir des fraudes…

Schtroumpf est élu par 96 voix contre 2 (sans doute pour le Schtroumpf à lunettes) et un vote blanc (en réalité, un bulletin maculé d’encre; on remarque d’ailleurs qu’il est comptabilisé). Ces résultats suscitent quelques observations. Il manque une voix car les Schtroumpfs sont 100 : il s’agit de celle du Grand Schtroumpf. Par ailleurs, si le Schtroumpf à lunettes a voté pour lui, nous ignorons qui lui a sans doute (bien que cela ne soit pas certain) donné une seconde voix. Peut-être est-ce le Schtroumpf grognon. Lui seul a peut-être su conserver son esprit critique, souvent excessif mais parfois salutaire.

Une fois élu, Schtroumpf revêt un costume doré ridicule aux yeux de ses électeurs mais qui a vocation à le distinguer des autres (un peu comme le Grand Schtroumpf d’ailleurs). Vexé, il s’enferme et produit un texte qui ressemble à un germe de constitution. Il nomme rapidement les premiers fonctionnaires de son gouvernement : un porte parole et le chef de la garde. La nomination du Schtroumpf costaud illustre clairement le lien qui existe entre la construction du pouvoir politique sous une forme un peu élaborée et l’exercice de la violence légitime. Faut-il rappeler la définition devenue classique de Max Weber qui voyait dans l’Etat le détenteur du monopole de la violence légitime ?

Et là, il faut bien reconnaître que tout part en vrille… Le Schtroumpfissime sombre immédiatement dans un délire autoritaire dont ses électeurs, le peuple schtroumpf, sont victimes et notamment le Schtroumpf farceur (un dictateur a rarement un sens de l’humour très développé). La prison semble instantanément inventée pour les besoins du nouveau régime. De manière paradoxale, seul le Schtroumpf à lunettes vient sous les fenêtres du palais schtroumpfidentiel pour crier « vive le Schtroumpfissime » ! On peut y voir une illustration de l’opportunisme politique mais aussi l’expression du positivisme qui caractérise le Schtroumpf à lunettes.

La suite de l’histoire deviendra presque un lien commun dans l’histoire schtroumpfe : une partie du village (les insoumis) se révolte et fait sécession. Comme dans Vert schtroumpf et schtroumpf vert, on retrouve un thème inspiré par la situation de la Belgique et qui conduit à s’interroger sur ce qui fait qu’un peuple reste un minimum uni. La guerre éclate et une enceinte fortifiée est construite (sans doute autant pour empêcher les insoumis d’entrer que pour empêcher les schtroumpfs restés au village de partir…). Tout aurait pu très mal finir si… le Grand Schtroumpf n’était pas rentré ! On aurait aussi pu imaginer la survenance d’un ennemi commun qui aurait pu conduire à la reconstitution de la communauté à la Carl Schmidt. Sans doute pour faire court, Peyo et Delporte ont-ils préféré faire ressurgir le Grand Schtroumpf qui trouve l’insulte ultime :

Vous n’êtes pas honteux ? Vous vous êtes conduits comme des humains !!

Le Schtroumpfissisme est devenu ambigu pour beaucoup aujourd’hui. Faut-il y voir une contestation de la démocratie ? une critique de la démagogie ? une dénonciation des vices de la vie politique et des hommes politiques ? Il semble que l’essentiel de la critique sociale et politique ait été inspirée moins par Peyo que par Delporte, son co-scénariste gentiment anarchiste. Il y a sans doute dans Le Schtroumpfissisme une analyse sans illusion des mécanismes politiques qui peuvent dériver; c’est donc

la critique d’une démocratie qui sombre immédiatement dans la démagogie (Henry)

Ce qui est remarquable, enfin, c’est que Le Schtroumpfissisme nous renseigne non seulement sur le régime mis en place par un schtroumpf quelconque qui épuise sa légitimité en quelques cases de BD après avoir accédé démocratiquement au pouvoir mais aussi sur la vie politique en général ainsi que (et cela est moins souvent relevé) sur la société schtroumpfe en temps normal. On a critiqué assez sévèrement parfois l’essai d’Antoine Bueno (Le petit livre bleu, Hors collection 2011) qui trouve des traits nazis et staliniens dans la société schtroumpfe. Il reste qu’il a produit quelques bonnes analyses, non dépourvues d’humour, de cet étrange peuple de bonshommes bleus hauts comme trois pommes. Il a notamment mis en évidence un certain nombre de faiblesses dans l’organisation du village.

A la réflexion, Le Schtroumpfissisme est sans doute bien un chef d’oeuvre. Sans doute le meilleur album des Schtroumpfs et un essai politique convaincant. A lire en attendant les Semaines Sociales de France…

14 commentaires leave one →
  1. Bashô permalink
    23 novembre 2011 16 h 45 mi

    Les deux notes sont amusantes même si j’ai relevé des erreurs très grossières chez le Barde comme la distinction homme public/privé chez les grecs. mais ce n’est pas la question.🙂

    Une chose me chiffonne cependant. A vous lire tous les deux, on a le sentiment que la démocratie dans son principe elle-même (et non seulement dans ses dérives) vous déplaît. Seriez-vous plus en faveur d’une monarchie type catholique par exemple?

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    • 23 novembre 2011 17 h 34 mi

      Pour reprendre une idée dans l’excellent billet de PSCLV, je dirai que je suis modérément démocrate
      J’aime bien le terme de républicain. En fait, démocrate pourquoi pas mais guère libéral (ce qui me démarque de notre ami Henry). Je ne suis pas spécialement monarchiste non plus. Je suis pour la liberté politique mais avec la recherche du bien commun sans se contenter d’un simple respect de règle procédurale.
      Sur le Schtroumpfissime, il faut bien reconnaître que la BD présente certains mécanismes démocratique mais pour en montrer immédiatement les dérives possibles (pas nécessaires mais possibles). Ecrire sur le Schtroumpfissime invite nécessairement à la critique. Implicitement, il me semble (je n’ai fait qu’esquisser cette idée à la fin de mon billet) que la BD est en même temps une critique (en creux) de la vie politique normale du village. La monarchie quasi absolue du Grand Schtroumpf peut paraître idyllique mais c’est sans doute un trompe l’oeil…

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      • 26 novembre 2011 11 h 49 mi

        « Je suis pour la liberté politique mais avec la recherche du bien commun sans se contenter d’un simple respect de règle procédurale. »

        Comme tout le monde. La difficulté est de discerner ce qui est le bien commun. Par exemple, l’ayatollah Khomeini avait développé la doctrine du velayat-e faqih qui signifie en gros la tutelle du juriste. Dans ses grandes lignes, c’est une démocratie (mais oui! D’ailleurs, si on compare l’Iran, même dans sa situation actuelle, avec les pétromonarchies, il y a plus de libertés et de démocratie) représentative dont la conformité à la loi islamique (dans sa version chiite) est en permanence contrôlée et assurée par un spécialiste de la loi islamique. Vous n’aimez pas la démocratie libérale. Que proposez-vous? L’analogue catholique de la République Islamique d’Iran?😉

        Quant aux schtroumpfs, je ne pense pas qu’on puisse parler de vie politique « tout court ». C’est une société fonctionnalisée à l’extrême : la place de chaque schtroumpf se confond avec sa fonction comme le montre la façon dont ils se nomment. Le schtroumpf bricoleur, le costaud, le coquet ou bien le schtroumpf à lunettes qui joue le rôle de mâle omega. A ce propos, il y a un magnifique exemple d’application de la théorie du genre😉 : la schtroumpfette qui montre qu’être femme c’est avant tout remplir une fonction ou tenir une place alors que ce n’est pas le cas pour « être homme » : tous les autres schtroumpfs ne se pensent pas comme étant des hommes mais avant tout comme des schtroumpfs qui remplissent certaines fonctions. Être une femme est au même niveau qu’être coquet, costaud, bricoleur etc.

        Avec une société aussi « organique », la politique n’a pas de sens. Est-ce un bien? Un élément de réponse réside dans la remarque que c’est une société fondamentalement stérile. Pas seulement dans le sens biologique du terme ; les nouveaux viennent toujours de l’extérieur, et tous semblent ne jamais veiller, bébé schtroumpf (il faudrait plutôt dire schtroumpf bébé) semble condamné à rester éternellement bébé puisque c’est sa fonction ; mais aussi dans le sens culturel du terme. Il n’y a aucune création artistique ou technologique pérennes. Le schtroumpf bricoleur invente des machines vites oubliés et qui n’augmentent pas significativement la productivité, le schtroumpf peintre peint sans cesse les mêmes tableaux, le schroumpf à lunettes n’est que savoir purement livresque, il répète exactement comme un perroquet sans chercher à penser par lui-même. Ils ne montrent de l’ingéniosité que de manière purement réactive face à une menace extérieure comme Gargamel… à une seule exception : le Schtroumpfissime.

        Il est intéressant de noter que dans le Schtroumpfissime, le despote encourage (sans s’en rendre compte) à la création en faisant construire un grand palais, en étant mécène artistique etc. On peut faire le parallèle avec la Renaissance. Sans l’hubris des médicis, nous n’aurions pas eu des chefs-d’oeuvre comme ceux de Michel-Ange qui bénéficia dès son plus jeune âge de la protection de Laurent de Médicis. Le pouvoir politique est ambivalent : il est domination mais aussi possibilité de créer en canalisant les énergies collectifs. Seul le leader peut éviter à la foule de disperser son énergie et l’encourager à la canaliser. Je commence à être long et je m’arrête donc.🙂

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      • 26 novembre 2011 17 h 30 mi

        Sur le fonctionnalisme, c’est une question que je m’étais posée dans mon billet sur le Schtroumpf financier. De même que l’économie est improbable, le politique reste un peu irréel chez les Schtroumpfs. On m’avait répondu notamment qu’il y avait beaucoup de Schtroumpfs indifférenciés qui oeuvraient ensemble (ce qui laisse peut-être place tant à l’économie qu’à la politique).
        Quant au bien commun, il suppose que l’on admette qu’il existe un bien commun; qu’il soit difficile à formuler, qu’on ne puisse l’imposer par la force… c’est une évidence. Je crois que l’Eglise (même si vous nous dîtes que ce n’est pas sincère) oeuvre sur le registre du dialogue rationnel. Les dérives du libéralisme moderne ôte a priori toute valeur au discours social de l’Eglise. Il n’est pas nécessaire d’ironiser sur une analogie avec l’Iran. Je ne rêve pas d’une théocratie si vous voulez savoir.

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  2. 26 novembre 2011 0 h 09 mi

    Un chef-d’oeuvre, c’est certain. Le meilleur bouquin politique du XXe siècle, faut peut-être pas pousser ? Disons que parmi les bouquins politiques accessibles aux moins de 10 ans, et parmi les bouquins politiques qu’on peut lire en moins de 30 minutes, c’est probablement ce qui se fait de mieux (pour la classe d’âge juste au-dessus, il y a Astérix: le cadeau de César).

    Une critique de la démocratie en soi, je ne crois pas. De la démagogie, oui, naturellement. Les mésaventures des Schtroumpfs élisant leur chef montrent bien le danger d’une démocratie dépourvue de Constitution.

    Quant à la critique de la vie « normale » du village, je ne la vois pas tellement. L’argument de Fromage+, en faveur de la monarchie, ne tient pas: le Grand Schtroumpf n’est pas du tout un monarque. C’est une figure paternelle. Il est plein d’amour pour ceux qu’il appelle « mes petits Schtroumpfs » qui se comportent généralement comme ses enfants en sa présence. Dès qu’il est absent ou malade (un ressort commun à un grande partie des aventures des Schtroumpfs), la grande famille unie des Schtroumpfs part à vau-l’eau. En ce sens,le Schroumpfissime fait écho à un autre grand livre politique, « Sa Majesté des mouches » de W.Golding.

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    • 26 novembre 2011 10 h 24 mi

      Sur le fonctionnement normal du village, il me semble que c’est en creux, donc très ouvert à l’interprétation. En tout cas, son organisation n’est pas optimale si l’absence du Grand Schtroumpf suffit à tout faire partir à vrille…
      Sur Sa Majesté des Mouches, tout à fait d’accord, j’ai commis un billet sur ce sujet d’ailleurs : https://thomasmore.wordpress.com/2011/09/28/le-droit-et-moi/

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  3. 26 novembre 2011 18 h 45 mi

    NM>Je réponds à votre commentaire. J’étais un peu provocateur, je le reconnais🙂. Je ne doute pas que vous soyez opposé à un modèle théocratique mais si j’avais évoqué le modèle iranien, c’est parce que ce dernier pourrait être qualifié de démocratie avec une superstructure de type théocratique. A ce titre, il se propose comme alternative à la démocratie libérale moderne. Or vous vous qualifiez de modérément démocrate, je voulais donc savoir quel type concret de démocratie vous envisagiez….

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    • 27 novembre 2011 20 h 34 mi

      Ouf… vous me rassurez tout de même!
      Sur le fond, un système moins étatique (c’est mon coté un peu anarchiste si j’ose dire…) et moins formel ou procédural aurait ma préférence. En réalité, ce n’est pas tellement une question de système mais de culture politique voire de culture en général. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans une précédente discussion, j’aimerais que l’Église (sainte ET pécheresse) prenne d’avantage son autonomie par rapport à l’état moderne. J’aime beaucoup la pensée de Cavanaugh (ça aussi je l’ai déjà dit) qui me semble concevoir un modus vivendi entre une action sociale exigeante et une vie démocratique tout aussi exigeante. Le problème vient souvent du fait que la parole de l’Église est souvent disqualifiée a priori. D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait vrai que tout le monde s’intéresse à la substance au-delà des procédures; je ferai sans doute un petit billet sur une grande page de la philosophie du droit [teasing de la mort]. En attendant vous pouvez lire mon billet sur La démocratie de Kelsen [scandaleuse autopromotion].
      PS: je vais vraiment lire Becker…

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  4. martin Villard permalink
    27 novembre 2011 11 h 21 mi

    ce commentaire est bienvenu et salutaire pendant les semaines sociales.

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  5. 27 novembre 2011 21 h 25 mi

    @ Bashô
    Mais si c’est la question ! Etant touche à tout et spécialiste en rien, je suis preneur de toutes les précisions que vous jugerez utiles. Ce billet, largement peu sérieux, peut surement être amendé🙂

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  6. 27 novembre 2011 21 h 30 mi

    @bashô
    Et sinon, rapidement, non je ne suis anti-démocrate – ce qui serait inconvenant vu que je profite de ses largesses.
    J’essayais de montrer, par l’absurde, qu’un société non démocratique mais où le politique gère peu de domaines de la vie quotidienne peut être aussi libre qu’une société libre où le politique s’occupe de tout.
    D’où mon raccourci (lapidaire et forcément lacunaire) envers les Grecs, qu’on voit abusivement comme les créateurs de la démocratie moderne…

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    • 4 décembre 2011 15 h 37 mi

      C’est surtout qu’il faut absolument éviter d’utiliser nos concepts, aussi « naturels » semblent-ils, en Histoire sans tomber dans de graves contresens. Par exemple, la distinction vie publique/vie privée est surtout moderne et son émergence est corrélée avec l’affirmation de l’Etat moderne dont les bornes sont bien définies. Par exemple, la citoyenneté dans la Rome républicaine, avant les Guerres Civiles, est encadrée par le cens qui est une opération à la fois morale et politique. Lors de la recensions, les censeurs classent en fonction de la fortune et du mérite et pouvaient rayer si le comportement privé fut indigne par exemple, un comportement homosexuel passif. On peut consulter pare exemple le métier de citoyen dans la Rome républicaine de Claude Nicolet.

      Dans la démocratie athénienne, ce qui compte n’est pas tant d’avoir des droits (un mot moderne!) que d’avoir voix au chapitre. Le citoyen est celui qui peut prendre la parole. Les femmes, les esclaves et les métèques n’ont pas le droit à la parole et à ce titre peuvent être soumis sous divers modalités aux citoyens (cf Aristote qui qualifie l’esclave de « bien animé »). Le citoyen est indiscernable du père de famille qui est chef tout-puissant de la maison.

      Et la politique est partout.🙂 La première question qu’il faut se poser est « qui a le pouvoir » quelque soit le contexte : la Cité ou… la famille. Les non-citoyens n’étaient pas libres à l’intérieur des familles.

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    • 4 décembre 2011 15 h 39 mi

      Et si les grecs ne sont pas les créateurs de la démocratie moderne, ils en sont néanmoins à l’origine grâce à la notion de citoyenneté. C’est-à-dire celui qui, bien que n’étant ni monarque ni aristocrate, a droit à la parole et de regard sur les affaires de la Cité.

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