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L’éducation à la justice et à la paix

17 décembre 2011

Sans vouloir être trop pessimiste, l’observation des comportements humains laisse voir que la justice et la paix ne sont pas au cœur des préoccupations d’une grande part de l’humanité. Le sentiment de l’injustice, les blessures personnelles et la violence sont cruellement ressentis par beaucoup mais cela ne suffit pas à faire de la recherche de la paix et de la justice une priorité personnelle et sociale voire politique. Si cela n’est pas si naturel mais que l’on devine que c’est le bien de l’homme, un bien commun à tous les hommes, il faut alors se demander comment atteindre la paix qui n’est pas la simple absence de guerre et  la justice qui n’est pas seulement l’absence de violence. Le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2012 nous indique une des voies à explorer : l’éducation.

Quels sont les lieux où mûrit la vraie éducation à la paix et à la justice? Il y a d’abord la famille, puisque les parents sont les premiers éducateurs. [La famille] est la première école où on est éduqué à la justice et à la paix.

Malheureusement, la famille n’est pas toujours ce lieu d’éducation à l’amour à la paix dont on rêve souvent. Sans parler des imperfections des premiers éducateurs (les parents), il faut bien reconnaître que les conditions sociales ne leur facilitent pas toujours la tâche que ce soit dans les pays dits riches ou dans les pays pauvres. L’aide d’authentiques éducateurs qui viennent soutenir les familles et non entrer en rivalité avec elles est également nécessaire. L’autonomie éducative de la famille doit être respectée. Benoît XVI émet le vœux que

chaque structure éducative puisse être un lieu d’ouverture au transcendant et aux autres ; un lieu de dialogue, de cohésion et d’écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères.

Le jeune n’est pas toujours un danger public ou une larve incapable. L’éducation doit amener le jeune à la prise de responsabilité pour contribuer activement à la construction d’une société plus humaine et fraternelle. Il ne s’agit pas de sombrer dans le jeunisme et d’idéaliser la jeunesse. Il faut reconnaître qu’il n’est pas toujours facile de discerner les sublimes capacités de nos jeunes amis. C’est pourtant ce qu’il faut s’efforcer de faire. Certains y parviennent mieux que d’autres. On peut citer les belles initiatives des Apprentis d’Auteuil par exemple qui ont lancé un Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté (ici et chez Koz).

J’avoue que, en tant qu’éducateur (quand même un peu), ce genre de message me laisse souvent avec un vague sentiment de culpabilité tant je me sens loin de l’idéal de l’éducateur chrétien (c’est dit). Il faut dire que c’est un modèle exigeant.

En effet, l’éducation concerne la formation intégrale de la personne, y compris la dimension morale et spirituelle de l’être, en vue de sa fin ultime et du bien de la société dont elle est membre.

Autrement dit, l’éducation à la justice et à la paix passe par une juste compréhension de l’homme, de sa nature et de sa relation avec son créateur mais aussi du sens de la liberté qui n’est pas un simple pouvoir autonome de la volonté. On peut dire que

la première éducation consiste dans le fait d’apprendre à reconnaître dans l’homme l’image du Créateur et, par conséquent, à avoir un respect profond pour tout être humain et à aider les autres à avoir une vie conforme à cette très haute dignité.

A propos de la justice plus particulièrement, Benoît XVI critique directement mais sans le citer le libéralisme utilitariste qui réduit la justice à sa simple dimension contractuelle.

La justice, en effet, n’est pas une simple convention humaine, car ce qui est juste n’est pas déterminé originairement par la loi positive, mais par l’identité profonde de l’être humain.

A défaut, le risque est grand de réduire les rapports humains à un simple jeu de pouvoirs où les volontés s’affrontent pour la satisfaction des envies de chacun. Non seulement l’injustice menace mais la paix (qui, à nouveau, n’est pas la seule absence de guerre) s’éloigne.

La paix pour tous naît de la justice de chacun.

S’adressant directement aux jeunes, Benoît XVI leur dit :

L’Église a confiance en vous, elle vous suit, elle vous encourage et désire vous offrir ce qu’elle a de plus précieux : la possibilité de lever les yeux vers Dieu, de rencontrer Jésus Christ, Celui qui est la justice et la paix.

Pour nous conduire sur le chemin de la justice et de la paix, il n’y a pas de meilleur pédagogue que le Jésus. Au-delà d’une approche politique ou même simplement morale, mettons nous à l’école de Christ.

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