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Antigone en Palestine

16 mai 2012

Le mythe d’Antigone est inépuisable. Je l’ai déjà abordé ici sans prétendre en faire le tour. Le petit billet de ce jour est suscité par le spectacle du Théâtre national de Palestine à Jérusalem qui a été donné en France ces dernières semaines d’abord à Ivry puis à Guyancourt à la Ferme de Bel Ebat où je l’ai vu le week en dernier.

La diversité des interprétations et des jugements que l’on peut porter sur l’attitude de Créon et d’Antigone est sans doute à l’origine de la pérennité de l’oeuvre de Sophocle. En retournant à l’original ces derniers jours, je me suis dit qu’aucune réécriture du mythe n’a dépassé ni même égalé la tragédie de Sophocle. Toutes les interprétations suggérées par Anouilh ou Brecht, en particulier, sont contenues dans l’antique ! Dans la mesure du moins où les traductions disponibles donnent une bonne mesure de la richesse de la pièce. Sur ce point, il faut saluer la nouvelle traduction de Robert Davreu paru en 2011 chez Actes Sud. Elle ressuscite la poésie du texte d’une manière très émouvante (plus que les anciennes traductions telles que celle, répandue, de Bousquet Vacquelin de 1897). C’est un travail intéressant suscité par la mise en scène de Wajdi Mouawad (V. sur ce projet qui doit conduire à une retraduction de toutes les tragédies de Sophocle : Traduire Sophocle, Actes Sud 2011).

La mise en scène d’Adel Hakim pour le Théâtre national palestinien est simple sans être austère car elle reste assez fidèle à l’esprit de la tragédie. Elle mêle dialogue, musique et danse. Le texte est dit en arabe (surtitré en français) dans la langue douce et liante de l’orient à laquelle nous ne sommes guère habitués en France. Le message politique n’est évidemment pas absent : il est difficile de ne pas voir le lien créé entre Antigone emmurée vivante et les territoires palestiniens. Même si, comme moi, on est fondamentalement ami d’Israël, on ne peut rester insensible à cette analogie.

D’autres mises en scène d’Antigone ont été proposées ces derniers mois. N’hésitez pas à (re)lire et (re)voir ce monument du patrimoine de l’humanité. A méditer notamment par tous les catholiques qui se posent (et vont sans doute encore plus se poser dans les mois à venir) la question de l’obéissance au pouvoir.

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