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Science et Charité

14 juillet 2012

Science et Charité (1896) est un tableau de jeunesse de Picasso (1881-1973). Tout le monde, ou presque, aime et déteste à la fois Picasso. On ne peut pas aimer un siècle d’histoire de la peinture, voire de l’art en général. Certains aiment le Picasso cubiste, les plus prudents avoueront être touchés par la période bleue voire rose… D’autres loueront la puissance et le drame de Guernica (1937). Mais bien peu connaissent ses premières peintures de grandes tailles : La Première Communion, L’enfant de Chœur et surtout Science et Charité, visibles au Musée Picasso à Barcelone.

Évidemment, il n’y a pas dans cette œuvre de grande audace formelle. Bien sûr, il y a une dimension mélodramatique. Mais la scène est touchante. L’issue ne fait pas de doute, la composition du tableau laisse deviner le cercueil derrière le lit de souffrance,  mais tout le monde vit encore. Le visage de la mère est encore celui d’une vivante. Seule sa main droite tenue par le médecin qui lui prend le pouls, en regardant sa montre et sans véritable attention pour sa patiente (à ce moment là de la scène en tout cas), laisse paraître une verdeur cadavérique. La présence de la religieuse est sans doute un peu ambiguë mais elle exprime une véritable charité. Je ne pense pas que l’intention de Picasso était de privilégier la charité contre la science. L’allégorie contenue dans cette œuvre si réaliste ne peut pas contenir un simpliste jugement de valeur, me semble-t-il. Je ne peux pas m’empêcher toutefois de percevoir plus d’humanité dans la partie droite du tableau ; peut-être est-ce dû aussi à la présence de l’enfant. Il reste que les gestes d’humanité sont accomplis par la charité. Le lien entre la mère et son enfant reste fort et les regards ne trompent pas. La vie est encore présente.

Même s’il est sans doute de bon ton de négliger ce genre de tableau, il serait dommage de passer à côté d’une œuvre qui recèle une telle force. Cette représentation de la vie jusqu’aux portes de la mort, des rôles de la charité et de la science et de notre attitude face à la vie qui finit méritera bien un peu d’attention alors que nous peinons tant à penser cette ultime expérience humaine.

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2 commentaires leave one →
  1. 24 juillet 2012 12 h 24 mi

    Merci de nous faire découvrir cette oeuvre de jeunesse que je ne connaissais guère.

    J’aimerais souligner que le médecin, et plus généralement le scientifique, doit concilier deux attitudes. D’une part, l’engagement ( l’empathie ou la charité dans le cas du médecin, l’intérêt, la passion de savoir chez le scientifique en général ) et d’autre part, une capacité de détachement ; savoir discerner exige de ne pas se laisser déborder par les passions.

    On peut dire que la religieuse a aussi ces contraintes. Bien sûr elle doit être auprès d’elle mais beaucoup d’autres personnes ont également besoin d’une présence aimante. Elle doit donc arbitrer (j’utiliser à dessein ce terme issu de la théorie des jeux 😉 ) entre les différentes priorités. La charité exige aussi un certain détachement.

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  2. lola permalink
    29 décembre 2013 16 h 48 mi

    Merci beaucoup sa ma vraiment aider !!!!!! Je prepare l histoire des arts ! merci encore !

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