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Heureux les artisans de paix

3 janvier 2013

Les béatitudes sont au cœur de la prédication de Jésus. Vivantes, vibrantes, battantes, révoltantes et enthousiasmantes : elles offrent plusieurs lectures dont aucune n’épuise le sens d’une bonne parole qui sait être aussi belle. La septième béatitude est aujourd’hui le point de départ de la méditation proposée par Benoit XVI en ce premier jour de l’année, Journée mondiale pour la paix :

Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5,9)

La première partie est parfois traduite Heureux les pacifiques ! A tout prendre celle adoptée dans le discours de Benoit XVI, et par la Bible dite de Jérusalem, est plus riche de sens. Comme le relève le saint Père, elle exprime la réalité du don de Dieu tout autant que l’œuvre de l’homme. La paix nous est donnée mais nous devons la construire. C’est un long chemin (A. Chouraqui traduit d’ailleurs Heureux par En marche !) mais pas un doux rêve :

La paix n’est pas un rêve, ce n’est pas une utopie : elle est possible.

Mais ce n’est pas une paix au rabais que nous propose Jésus. Il ne faut pas confondre paix et absence de conflits. La paix c’est autre chose :

La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour…

Si elle est un ordre, elle implique que ses différents éléments se tiennent entre eux et que l’on ne puisse en négliger un sans compromettre le tout. C’est pour cela que le message de ce jour est comme les précédents d’une extrême richesse et très dense malgré sa clarté et sa précision. Benoit XVI n’emploie pas la langue de buis. De la vie naissante à la mort en passant par l’économie et le travail, la famille et l’éducation, la construction de la paix est une œuvre de chaque instant en nous, toujours, autour de nous, le plus souvent, et au loin, parfois. La vie dans toutes ses dimensions, personnelle et communautaire, sociale et transcendante est donc au cœur de l’ordre pacifique et juste qui donne à l’homme de réaliser sa vrai nature car la vie en plénitude est le sommet de la paix. Cela peut impliquer parfois de s’opposer à des mesures injustes :

la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix.

Ce qui vaut sur le terrain de la protection de la dignité et de la vie humaine vaut tout autant dans l’ordre économique :

dans l’activité économique, l’artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité.

Une année est bien courte pour espérer progresser significativement sur ce chemin. Sans être d’un optimisme naïf, il faut reconnaître qu’il y a des raisons d’espérer et cela devrait suffire (en principe…). Heureusement, nous aurons l’occasion de célébrer en avril 2013 le cinquantième anniversaire de l’encyclique Pacem in Terris. Cela permettra de faire une petite piqure de rappel.

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