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Saint Thomas More, priez pour nous !

22 juin 2013

C’est aujourd’hui la fête d’un des plus grands saints que la terre ait connu, avec saint Nicolas : je veux parler bien sûr de saint Thomas More. Personne ne doutait de l’actualité de son œuvre littéraire ou spirituelle. Son rôle de témoin de la conscience est redécouvert depuis quelque temps. Au regard des évènements récents, je serais tenté de revenir sur la question du martyr politique que j’ai traitée l’année dernière. Je me contenterai d’inviter tous les candidats  au martyre à méditer l’authentique pédagogie proposée par Thomas More. Il invite à faire preuve de courage mais pas de témérité ni, encore moins, de stupidité !

Le propre du courage est d’endurer ce qui est pénible, alors que celui de la stupidité c’est d’être insensible dans l’épreuve (La tristesse du Christ, p. 26-27).

Le danger est grand que le stupide, le téméraire ou le provocateur n’ait pas la force de caractère et les ressorts de conscience nécessaires pour résister à l’âpreté du combat moral voire spirituel dans lequel il prétend s’engager.

Dès lors, si le premier venu fonce comme un sourd, trop loin pour revenir prudemment sur ses pas, il court des risques : faute d’atteindre la cime, il serait en danger de rouler dans le précipice la tête la première (p. 28-29).

Il faut faire preuve de prudence. Pas le simple fait de faire attention. Je veux vous parler ici de la vertu de prudence, phronêsis si vous voulez que ça fasse plus sérieux; c’est-à-dire la première des vertus cardinales. C’est par la prudence que la personne discerne ce qui est bien, qui doit être la fin de son action, mais aussi les moyens de l’atteindre. Saint Thomas More a toujours été un modèle de prudence : il a toujours servi son prince sans jamais chercher à s’opposer à lui frontalement, encore moins en le provoquant alors qu’il s’enfonçait toujours davantage dans un chemin de folie. Il a toujours cherché à faire son travail le mieux possible jusqu’au jour où sa conscience lui a dicté la difficile décision de démissionner de son poste de Chancelier. Il serait bien resté retraité avec sa famille si ses ennemis n’avaient pas œuvré pour lui faire prêter un serment auquel il n’avait sans doute pas à se soumettre en tant que laïc. Et encore là, même pendant sa captivité, il a toujours préféré le silence et le refus plutôt que l’attaque et la critique.

Plus que son martyre, qui est le prix ultime à payer par quelques uns (I have chosen what chosen have few fait dire à More Garett Fishe dans sa très belle œuvre The Passion of saint Thomas More), c’est le témoin de la conscience que nous devons admirer et dont nous devons méditer la vie.

c’est précisément dans la défense des droits de la conscience que l’exemple de Thomas More brilla d’une lumière intense. On peut dire qu’il vécut d’une manière singulière la valeur d’une conscience morale qui est «témoignage de Dieu lui-même, dont la voix et le jugement pénètrent l’intime de l’homme jusqu’aux racines de son âme» (Motu proprio)

Vivre selon sa conscience, cela nous est donné à tous, pourvu que l’on ne renonce pas à la prudence, au discernement du bien, ou que l’on n’en rejette pas purement et simplement la possibilité. Cela n’est et ne sera pas pas toujours facile pour tout le monde mais c’est certainement une des missions très spécifiques des laïcs : faire le travail, là où ils sont, le mieux possible (l’objecteur doit toujours être d’abord un bon professionnel!) et toujours en sachant refuser ce qui porte une atteinte grave à la justice ou la dignité de la personne.

Sur ce chemin, supplions saint Thomas More de prier pour nous…

En bonus, vous connaissez peut-être cette prière trouvée écrite dans la marge de son livre d’heure (imprimé en France…)

Donne moi ta grâce, Seigneur bon,
de tenir pour rien le monde
De tenir mon esprit fixé en Toi,
et de ne pas flotter au souffle des bouches humaines;
De m’accommoder à la solitude,
De n’être pas avide de compagnie mondaine,
Peu à peu de rejeter le monde
et de libérer mon esprit de son tourbillon;
De ne pas être avide de ses nouvelles mais dégouté de ses vanités;
Joyeusement de penser à Dieu
D’implorer son secours
et de prendre appui en son réconfort;
de me mettre activement à l’aimer,
de découvrir ma vilenie et ma misère,
pour me faire tout petit sous sa main puissante;
de pleurer mes péchés passés, et pour m’en purifier
de supporter patiemment l’adversité;
de souffrir volontiers mon purgatoire ici-bas
d’accueillir avec joie les tribulations;
de suivre l’étroit chemin qui conduit à la vie;
de porter la croix avec le Christ;
d’avoir en mémoire les fins dernières,
d’avoir toujours ma mort devant les yeux,
une mort toujours présente,
pour qu’elle ne me soit pas étrangère.
D’envisager et considérer le feu éternel de l’enfer;
d’implorer mon pardon avant que vienne le Juge,
d’avoir sans cesse à l’esprit la Passion
que le Christ souffrit pour moi.
De le remercier continuellement de ses bienfaits,
de racheter le temps que j’ai perdu,
de m’abstenir de vaines parlotes et de sotte gaîté;
de couper court aux récréation superflues.
De tenir pour rien la perte des biens de ce monde,
des amis, de la liberté et du reste pour gagner le Christ.
De voir en mes plus ennemis, mes plus grands amis.

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