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L’homme et le modèle

9 septembre 2013

« La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin » (A. Malraux). Le destin d’Hélie Denoix de Saint Marc est désormais fixé et l’on ne peut plus rien y changer comme le constatait Malraux dans L’Espoir. Les réactions de ces derniers jours à l’annonce de la mort d’Hélie de Saint Marc, jusqu’à la proposition de transfert au Panthéon, m’ont d’abord étonné car je n’avais comme beaucoup que le vague souvenir du commandant putschiste de 1961. Pour essayer de comprendre, je me suis plongé d’abord dans ses mémoires (Les champs de braise, avec la collaboration de L. Beccaria, Perrin (1998), éd. Tempus 2002), pour faire une expérience d’empathie peu évidente a priori pour moi, puis dans sa biographie (L. Beccaria, Hélie de Saint Marc, Perrin (1988), éd. Tempus 2008), pour tenter de réintroduire un peu d’objectivité factuelle. Pour la faire courte, il ressort de ces lectures que de mon point de vue, Hélie de Saint Marc est un exemple d’homme pris dans le courant d’une histoire barbare mais sans doute pas un homme exemplaire. C’est peut-être en portant un regard humain et lucide que l’on pourra honorer sa mémoire et lui assurer une juste postérité.

C’est déjà devenu un lieu commun (et je n’ai rien contre les lieux communs, soit dit en passant) Hélie de Saint Marc est une figure de roman. Il est difficile de ne pas penser au Victorien Salagnon personnage de L’art français de la guerre d’A. Jenni (Gallimard 2011). Il fait parti de cette génération qui a connu la guerre, l’humiliation de la défaite et l’équivoque puis l’horreur du régime de Vichy avant d’avoir achevé son adolescence. Membre de la résistance, arrêté puis déporté à Buchenwald, le jeune aristocrate périgourdin (il était plus attaché au Périgord qu’à Bordeaux) a été blessé profondément par la guerre mais lui a donné également une « densité intérieure » (L. Beccaria, p. 290) qui nous est inconnue aujourd’hui. L’expérience de l’Indochine achève de le transformer avec de nouvelles blessures dont la plus marquantes restent l’évacuation précipité de Ta Lung dans le Haut Pays, laissant sans défense les habitants qui avaient fait confiance à la France pour les protéger entre les mains du Vietminh. Le même drame a marqué son expérience algérienne. Hélie de Saint Marc est représentatif de ces soldats perdus qui de la résistance à la fin de la guerre d’Algérie ont été de tous les conflits coloniaux (avec, comme en passant, la triste farce de la campagne de Suez). Ces années il les a essentiellement passées au sein de la Légion étrangère où le sang versé, la mort donnée et reçue étaient sans commune mesure avec le reste de l’armée, sans parler de la France et des Français qui se désintéressaient de plus en plus de ces conflits qui perturbaient la reconstruction puis la recherche du confort.

Laurent Beccaria exprime bien en conclusion de sa biographie ce qui rapproche Hélie de Saint Marc des jeunes gens de sa génération mais aussi ce qui l’en distingue. Car il n’est pas comme tant d’autres attaché à la victoire à tout prix. Il n’a pas de goût particulier pour la violence mais est pris d’amour pour le Vietnam, surtout, et l’Algérie, aussi, et pour les hommes et les femmes qu’il y rencontre. Aucun racisme chez lui ne vient fausser les relations humaines. Au contraire, il garde un souci, souvent contrarié par la politique de son pays, du « dernier au bout de la colonne », qui le conduit à refuser la « logique qui sacrifie quelques-uns au nom du bien de l’ensemble » (L. Beccaria, p. 290). Aucune idéalisation de la guerre non plus : « La guerre est un mal absolu » (Mémoires, p. 136). En conclusion de ses mémoires, Hélie de Saint Marc avoue que « [s]i un seul adolescent pouvait se méfier des slogans qui proclament que le bien de l’humanité exige la destruction de la moitié de ses semblables, j’aurais atteint mon but » (Mémoires, p. 331).

Pour être franc, j’ai entamé mes lectures avec un peu de mauvais esprit ; en cherchant la petite bête… Mais il faut reconnaître qu’Hélie de Saint Marc est désarmant. A aucun moment, il ne se présente comme un modèle même s’il n’est pas un champion de l’autocritique. S’il n’a pas idéalisé le putsch, cherchant même quelques jours avant à prévenir les ministres des armées (Messmer) de ce qui risquait de se passer en Algérie, il avoue : « Avec le recul, je ne renie pas ce choix douloureux » (Mémoires, p. 265).

Mais à qui serait porté à le juger, lui et ses frères d’armes, il répond : « Les bonnes consciences que l’on polit en dénonçant l’infamie des autres me font horreur » (Mémoires, p. 217). Ailleurs, à propos du putsch, il écrit : « j’aimerais qu’ils sachent avant de juger leurs aînés, par quelles angoisses nous sommes passés lorsque nous avons compris que, dans le combat pour l’Algérie, le général de Gaulle utilisait comme des armes courantes le mensonge, la duplicité et le cynisme » (Mémoires, p. 252).

Du point de vue juridique, il ne faut pas oublier à quel point les procès des généraux et encore plus celui du commandant de Saint Marc ont été des exemples des vices de la justice d’exception. Pour mémoire, je vous rappellerai que le Haut Tribunal militaire a été créé le 27 avril 1961, soit après le putsch du 21 avril 1961, par décision de Charles De Gaulle dans le cadre des pouvoirs (on n’ose dire en vertu…) qu’il tenait de l’article 16 de la Constitution (une forme de dictature constitutionnelle en cas de circonstances exceptionnelles). Les plus juristes se souviendront de l’arrêt du Conseil d’Etat du 2 mars 1962, Rubin de Servens et a. rendu précisément à propos de la mise en œuvre des pouvoirs de l’article 16 par le Président de la République (CE, ass., 2 mars 1962). Les membres du tribunal étaient tous des gaullistes plus ou moins inféodés qui ne pouvaient manifestement constituer une juridiction impartiale. Seul le général François Ingold se démarquait et n’a pu rester au sein de cette juridiction au-delà du procès du comandant de Saint Marc. Le Procureur Reliquet a reçu des instructions de Messmer mais aussi de Michelet (Ministre de la justice, si l’on ose dire ; ce qui jette une ombre sur son éventuelle béatification…) écrites d’une extrême sévérité (20 ans de détention criminelle) ; il s’en est toutefois démarqué à l’audience dans ses réquisitions orales (demandant avec scrupules entre 5 et 8 ans) comme l’y autorisent les principes de la procédure pénale. Mal défendu par un avocat pompier (du genre pompier pyromane plutôt…) et ancien collaborateur, Hélie de Saint Marc a été finalement condamné à 10 ans de détention criminelle malgré une déclaration d’ouverture éloquente et profonde et malgré des soutiens aussi variés que les anti-gaullistes de droite ou un journaliste de Témoignage Chrétien… Par le jeu de cette autre excentricité juridique qu’est le droit de grâce présidentielle, Hélie de Saint Marc a été libéré après cinq années de prison à Tulle. Toute cette procédure n’est pas à l’honneur de la justice (il faut dire que je crois que De Gaulle n’entendait pas grand-chose au droit…).

Après un tel simulacre, il faut se garder de juger trop sévèrement un homme ou même simplement un comportement sans prendre en compte les circonstances de temps et de lieu. Toutefois, il me semble impossible d’en faire un exemple pour nous aujourd’hui. Quelques ombres au tableau ne peuvent être ignorées. La première reste bien évidemment le putsch. On peut toujours invoquer l’honneur et la fidélité pour tenter de justifier cet acte mais cela reste une tâche dans la carrière d’un militaire. Il ne s’agissait pas de se révolter contre un régime dictatorial ou illégitime. Je ne suis pas gaulliste pour un sou mais même troublée et peuplée d’ordures, la République était toujours là. Il est vrai que la génération d’Hélie de Saint Marc, et les légionnaires peut-être encore plus que les autres, avaient pris beaucoup d’autonomie à l’égard de la République qui les ignorait de plus en plus et qui les chargeait de mission dépassant le cadre militaire même très largement entendu : les militaires étaient devenus un instrument politique, amenés à prendre en charge des affaires civiles et politiques au point de faire des promesses que le gouvernement n’avait aucune intention d’honorer ! Mais comme le rappelait Jacques de Barry, qui appartenait à la même génération qu’Hélie de Saint Marc : « si on n’est pas d’accord on s’en va. On n’utilise pas les armes que vous a confiées la nation contre elle-même » (L. Beccaria, p. 253). Compréhensible par certains cotés, la révolte de 1961 n’était pas légitime pas plus que les actions de l’OAS pour laquelle Hélie de Saint Marc reconnait avoir éprouvé de la sympathie. Tout cela a sans doute été rendu possible par une faille dans la conception de la politique, et donc des liens entre l’armée et la nation, dans cette génération de soldats : « Saint Marc a développé une conception affective du pouvoir, qui pourrit et se révèle pervers par nature » (L. Beccaria, p. 291). Sa fidélité allait d’abord aux hommes et aux femmes avec lesquels il était lié par une solidarité personnelle et affective au risque de fragiliser voire de saper les plus grandes communautés et d’alimenter le feu de la guerre civile dans laquelle il voit pourtant le plus grand mal possible pour un peuple. Autrement dit, au risque d’être un peu sévère, sa conception de l’honneur et de la fidélité n’est pas simplement d’un autre âge, elle est dangereuse chez un soldat de la République.

Une autre ombre subsiste qui me laisse mal à l’aise après mes petites lectures : la position lors de la bataille d’Alger et notamment sur l’usage de la torture. Hélie de Saint Marc écrit : « J’ai profité de la victoire, durant toute cette période, j’étais détaché du cabinet du général Massu. C’est pourquoi je me garderai bien de prendre la pose du chevalier blanc » (Mémoires, p. 217). Autrement dit, il n’a jamais pratiqué lui-même la « contrainte », c’est-à-dire la torture ; et il s’estime sans responsabilité dans le développement de ces pratiques. Pourtant près de Massu, pas loin de Bigeard, il reconnait par ailleurs que le commandement à tous les échelons a couvert cette pratique (L. Beccaria, p. 176). Tout cela contribue à relativiser l’un des actes les plus contraires à la dignité de la personne (V. W. Cavanaugh, Torture et Eucharistie: Ad Solem 2009) : « le jugement que l’on porte sur la grande masse des interrogatoires « sous contrainte » est affaire d’échelle de valeurs » (Mémoires, p. 218). Il est triste de constater que seul le Général de Bollardière s’est élevé contre l’usage de la torture en Algérie, ce qui lui a couté quelques jours d’arrêt de forteresse puis divers placards, avant sa démission lors du putsch.

Le destin d’Hélie Denoix de Saint Marc doit être médité pour ce qu’il est. Le destin d’un soldat qui a combattu dans des guerres (les guerres coloniales qui ne sont que la conséquence de l’erreur historique qu’est le colonialisme) perdues longtemps avant d’avoir été engagées, pour une France peu reconnaissante ; le destin d’un soldat pris dans les filets d’une histoire qui devient folle ; celle d’un soldat qui par honneur et fidélité a tout de même retourné ses armes contre la République. Le destin d’un homme que l’on se prend à aimer malgré tout même s’il n’est pas, n’a jamais voulu être et ne peut pas être un exemple.

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11 commentaires leave one →
  1. 9 septembre 2013 12 h 53 mi

    Au sujet de l’OAS, j’ai connu un homme de cette génération d’officiers, peut-être un peu plus âgé, qui en a fait partie, dans une branche qui se consacrait exclusivement à l’exfiltration vers la France des anciens harkis et autres algériens qui avaient choisi le camp de la France et étaient en Algérie voués à la mort. Bien que je sois gaulliste et convaincu que l’Algérie française était devenue un rêve impossible, je ne peux qu’éprouver non seulement du respect mais de l’admiration pour ce qu’il a fait dans ces circonstances.

    Concernant l’honneur et la fidélité, cet officier auquel je pense avait promis à ses harkis, sur ordre, que la France ne les abandonnerait jamais. C’est en tant que personne qu’il a obéi et fait cette promesse à des hommes qui l’ont suivi parce qu’ils avaient confiance en cet homme et en sa droiture. Son honneur et sa fidélité lui ont commandé cette désobéissance qui consistait à passer outre les ordres pour les faire venir en France où sa famille, nombreuse – et pauvre, du fait de sa démission de l’armée – a fait de la place dans la maison. Je ne vois pas quelle conception de l’honneur pourrait être opposée à celle-là.

    On dira que le commandant de Saint-Marc est allé plus loin en participant à un putsch contre un régime républicain ce qui semble être pour vous la pierre de touche. Sur ce point, je ne suis pas d’accord. La légitimité d’un régime ne réside pas pour le chrétien que je suis dans sa nature républicaine ou autre mais dans le service du bien commun qui passe par le respect des droits des personnes. En livrant des hommes qui avaient servi la France et leurs familles à un régime dictatorial et animé de passions vengeresses De Gaulle a commis en ces circonstances un acte contraire aux droits de ces personnes, contraire à toute forme d’honneur. République ou pas, Saint-Marc n’a pas fauté contre l’honneur en tentant d’empêcher cela, il a commis une erreur dans un jugement prudentiel, le putsch étant de toute évidence voué à l’échec et à diviser encore plus la France. Constat qu’il est facile de faire aujourd’hui mais moins évident dans le feu de l’action.

    Alors pour moi, oui, Hélie Denoix de Saint-Marc est un modèle de fidélité à sa conscience. Et de modèles de cette fidélité notre époque a bien besoin.

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  2. Polydamas permalink
    9 septembre 2013 14 h 51 mi

    Visiblement, t’as zappé un passage d’importance dans ses Mémoires. Celui où tous les généraux du putsch renvoient De Gaulle à son propre putsch à lui en 1940. Pour eux, c’était, à tort ou à raison, exactement de la même teneur, et je suis étonné que tu ne le mentionnes pas ici. Hubert a raison de dire que le constat a posteriori est facile à faire.

    Sa fidélité allait d’abord aux hommes et aux femmes avec lesquels il était lié par une solidarité personnelle et affective au risque de fragiliser voire de saper les plus grandes communautés et d’alimenter le feu de la guerre civile dans laquelle il voit pourtant le plus grand mal possible pour un peuple.

    Ah bah, c’est vrai que le massacre des harkis permettait d’éteindre la guerre civile. Superbe, magnifique, une paix gagnée à ce prix.

    Quant à l’usage de la torture, c’est joli de mentionner Cavanaugh, c’est mieux de mentionner le contexte de l’époque, le choix cornélien qui s’offrait aux militaires, et de rappeler que dans certaines situations extrêmes, il n’est pas inenvisageable de recourir à des expédients eux aussi extrêmes.

    Quant à savoir s’il peut être un exemple ou pas, je préfère de très, très loin qu’on l’imite plutôt qu’on se réfère aux idoles dont notre monde se repait.

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  3. 9 septembre 2013 17 h 42 mi

    @Hubert L’aide clandestine apportée aux personnes menacées est évidemment un bel acte humain. Je ne pense pas que cela suffira à faire de l’OAS un organisme humanitaire…
    Quant à la légitimité du gouvernement, je ne pense pas qu’elle ait été suffisamment contestable pour légitimer une telle remise en cause avec les risques que cela comportaient. L’objection de conscience et plus encore la désobéissance et la rébellion suppose que l’ordre et le bien commun ne soient plus assurés et non seulement qu’ils soient très mal assurés. Personnellement, je ne suis pas gaulliste (et je ne l’ai jamais été) mais je pense que le gouvernement conservait la légitimité non seulement pour défendre la République mais aussi le petit bien commun qui subsistait.

    et là, je tenterais répondre à Polydamas. Je l’ai zappé dans mon billet mais c’est en partie à cela que je pensais en visant la légitimité du gouvernement de De Gaulle. Quant à la guerre civile, je pensais à celle que l’on craignait non pas en Algérie, c’était déjà une guerre civile à laquelle plus personne ne pouvait rien depuis longtemps mais à celle que l’on pensait menacer le reste de la France. Je pense qu’ils ont pris un risque énorme que jamais un militaire républicain ne devrait prendre en dehors des cas d’illégitimité manifeste du gouvernement.
    Quant à la torture, j’y reviendrai dans plusieurs billets je pense, elle est inacceptable. Point. Ce qui se mettait en place en Algérie était une préfiguration de ce qui s’est pratiqué au Chili 15 ans plus tard (d’où ma référence à Cavanaugh). Certains ont su refuser : Teitgen et Bollardière (qui n’était pas parfait non plus) par exemple.

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    • Polydamas permalink
      10 septembre 2013 8 h 27 mi

      « Quant à la torture, j’y reviendrai dans plusieurs billets je pense, elle est inacceptable. Point. »

      J’aime beaucoup ces jolies déclarations de principe complétement déconnectées de la réalité. C’est complétement oublier le contexte. Quant aux trois gars qui s’y sont opposés, on n’a pas noté qu’ils avaient fait avancer la situation sur le terrain par leur vertu.
      Nan, le problème de la torture en soi, c’est sa médiatisation, qui contre-balançait gravement avec le manque de médiatisation des massacres du FLN.

      Et non, ça n’a rien à voir avec le Chili (on n’était pas dans le cadre d’une guerre civile avec des massacres de civils et/ou des bombes tous les jours, mais dans le cadre d’une soviétisation rampante).

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  4. 9 septembre 2013 18 h 15 mi

    Peut-être est-ce parce que je suis né en Afrique du Nord (un peu par hasard, il est vrai : je ne suis pas pied-noir),et par conséquent ai un regard géographiquement décentré mais je suis en désaccord sur votre appréciation quant à l’atteinte au bien commun. Si on adopte un regard métropolitain, alors oui, l’ordre était assuré. Cependant, de fait, le gouvernement était en charge du bien commun de Dunkerque à Tamanrasset pour reprendre une expression alors à la mode… Et si on regarde les choses de ce point de vue, De Gaulle avait la responsabilité des algériens et des ressortissants d’origine européenne ; l’abandon de l’Algérie, dans les conditions que l’on sait condamnait les blancs à choisir entre la valise et le cercueil et condamnait à mort ceux des algériens qui nous avaient été fidèles. Dire que l’ordre et le bien commun restaient assurés c’est à mon avis considérer ces personnes comme comptant moins que les français de métropole. La France a su conquérir une colonie, elle s’en est débarrassé d’une façon qui me fait honte alors qu’elle avait acquis la responsabilité de ces populations et avaient militairement vaincu. Elle aurait pu gérer autrement son départ. Après tout, à ce compte, en 40, Vichy assurait le bien commun d’une moitié du territoire et la révolte de De Gaulle aurait pu être jugée abusive. J’approuve De Gaulle en 40 (et pourtant qui aurait pu parier sur sa réussite ?) ; je comprends Challe, Salan, Jouhaud et Zeller en 61.

    Mais je vous accorde bien volontiers le caractère répugnant du terrorisme de l’OAS et je dois dire que j’ai de l’admiration pour le général Pâris de Bollardière sans approuver toutes ses prises de position ultérieures. Très grand soldat et homme d’honneur.

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    • 9 septembre 2013 18 h 27 mi

      Le bien commun était donc tout de même assuré sur l’immense majorité du territoire et pour la quasi totalité de la population… Si vous approuvez De Gaulle en 1940, vous comprenez les généraux d’Alger en 1961 : c’est une nuance de taille et je pourrais souscrire à la formule. Il reste que c’était une erreur et que l’erreur peut difficilement être donnée en modèle. Quant à la honte, j’avoue que c’est d’abord la colonisation (une idée de gauche soit dit en passant…) qui me fait un peu honte; la façon dont les populations qui avaient malgré tout fait confiance à la France est dans la ligne du passé. Tout se tient.

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      • Polydamas permalink
        10 septembre 2013 8 h 31 mi

        « Le bien commun était donc tout de même assuré sur l’immense majorité du territoire et pour la quasi totalité de la population…  »
        A l’époque, l’Algérie était française, et De Gaulle avait réaffirmé son attachement à celle-ci. Je ne t’ai pas encore entendu évoquer le « Je vous ai compris » qui est certainement d’une haute portée morale…

        « Il reste que c’était une erreur et que l’erreur peut difficilement être donnée en modèle. »
        Ah bon ? Il y a plein d’erreurs données en modèle qui ont fini par porter leur fruits, notamment la plus célèbre d’entre elles, la crucifixion.

        « Quant à la honte, j’avoue que c’est d’abord la colonisation »
        C’est bien ce que je dis, t’es complétement déconnecté de la réalité du terrain et de l’époque, t’es un digne enfant de notre époque. 🙂

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  5. louanchi permalink
    9 septembre 2013 19 h 48 mi

    HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.
    Sur radio-alpes.net – Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) – Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone…émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

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  6. M.A. permalink
    22 novembre 2013 11 h 10 mi

    Il est clairement contre l’usage de la torture ; il l’écrit, il le répète également ici : http://www.franceinter.fr/emission-interception (un peu avant la 30e minute). Simplement, il refuse de condamner ses camarades qui l’ont pratiquée et de juger a posteriori une situation qui était alors très loin d’être simple.

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  7. MO Dodo permalink
    26 août 2014 9 h 31 mi

    «Certains diront que c’était une utopie. Moi je pense qu’entre la tragédie et l’utopie, il vaut mieux toujours choisir l’utopie.»

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