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Araud m’a tuer…

8 août 2014

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Billet dédié à son excellence Gérard Araud
Diplomate et grammairien du XXIe siècle
Représentant permanent de la France auprès de l’ONU

A l’occasion d’un tweet de Koz tentant encore une fois de secouer nos responsables politiques pour qu’ils réagissent enfin dignement face à la tragédie qui frappe la population irakienne et en particulier les chrétiens menacés de disparaître, son excellence Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès de l’ONU, a cru intelligent d’écrire :

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La mort n’est toujours pas leur métier (3)

17 janvier 2014

Coktail lithiqueLa loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu comme on va le voir, est l’originalité du droit français. Il est d’ailleurs très regrettable que les Français ignorent largement le contenu de la loi Léonetti : s’ils savent bien que l’euthanasie reste interdite en France, ils ignorent que l’acharnement thérapeutique peut être refusé. Cette ignorance est instrumentalisée par la propagande de l’ADMD à travers ses campagnes de sondages. Si le juge n’est pas ignorant, il peut lui arriver de suivre des raisonnements contestables même si le résultat peut sembler satisfaisant. C’est, me semble-t-il, ce qu’on peut constater à la lecture de la décision du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 16 janvier 2014 (TA Châlons-en-Champagne, 16 janvier 2014). Lire la suite…

République 1 – Dieudonné 0 ou pourquoi le Conseil d’Etat n’a pas enterré la liberté d’expression

11 janvier 2014

Il est parfois bien difficile d’aborder certains sujets avec mesure et raison. Il est désormais évident que l’affaire dite Dieudonné relève de cette catégorie. Il est amusant de voir à quel point chacun a une opinion bien tranchée sur la question. Pour être franc, j’ai changé d’avis au moins trois ou quatre fois en 48h… Il est donc très délicat de prendre le clavier après plus de deux mois d’absence et alors que des tâches urgentes nécessaires à la survie de l’humanité m’appellent ailleurs. Ce que je vais tenter ici n’est finalement qu’une brève synthèse des idées exposées à propos de la première ordonnance du Conseil d’Etat rendue dans cette affaire le 9 janvier 2014 (V. également la deuxième en date du 10 janvier 2014). Je dis bien idées ; j’oublie les invectives et autres insultes qui fusent parfois un peu vite. Pour faire simple, la décision du conseil d’Etat n’est pas un revirement de jurisprudence valant faire-part de décès de la liberté d’expression mais une réponse à une situation très particulière (V. S. Sur sur LLC). Ceci dit, il ne faut pas négliger les innovations de cette décision qui n’a rien de banal. Lire la suite…

L’animal est-il un homme comme les autres ou suis-je un affreux spéciste ?

7 novembre 2013

La question du statut de l’animal n’est pas nouvelle. Ce qui peut étonner en ce moment, c’est qu’elle prend une nouvelle ampleur. La nouvelle proposition de loi du sénateur Roland Povinelli (qui a déjà tenté le coup par le passé. –  V. également le S. Antoine, Rapport sur le régime juridique de l’animal, 2005. – V. encore la proposition de résolution de F. Lefebvre à l’Assemblée nationale)  déposée il y a quelques semaines ne soulève pas seulement des questions de techniques juridiques ; elle traduit une tentative de réorientation du droit dans un sens nouveau. Lire la suite…

François : l’ami de la famille

30 octobre 2013

Le Pape François a invité le week-end dernier les familles à un pèlerinage sur la tombe de saint Pierre à l’occasion de l’année de la foi. L’invitation est avant tout spirituelle et si nous avons pu aller à Rome à la rencontre du Pape, ce pèlerinage est proposé à chaque famille chrétienne : Famille, vis la joie de la foi ! La gioia ! La joie ! Nous l’avons entendu ce mot pendant ces deux jours. Il ne s’agit pas d’un vague sentiment de bien-être repu. Elle est une force pour la famille qui en vit. Car il faut de la force pour vivre et notamment pour vivre en famille. Lors de la rencontre du samedi après-midi, nous n’avons guère entendu ces témoignages édifiants de familles parfaites qui ne se distinguent de la Sainte Famille que par le nombre d’enfants ! Ce sont des époux, parfois seuls, courageux qui sont venus partager leurs difficultés et les conversions qui font l’épaisseur de leur vie. Le témoignage d’un rescapé de Lampedusa et de la famille qui l’a recueilli a été un moment de grande émotion : nous avons perçu la force puisée dans la vie familiale de ces généreux italiens et l’élan pris par cet homme étranger qui a perdu une partie de sa famille lors du passage mais aide maintenant les pauvres du pays qui l’accueille. Si cet après-midi était très festif, avec de la musique et des animations plus ou moins bouffonnes pour tous les âges, je pense que beaucoup l’ont vécu aussi comme une authentique rencontre de prière, dès avant l’arrivée du Pape.

La présence de François a évidemment porté la ferveur des familles. Comment ne pas l’aimer ?! J’ai pris l’habitude de lire une partie de ses interventions comme beaucoup mais je l’ai rarement entendu. Et pourtant, cela change tout. Le timbre de sa voix, son éloquence qui touche personnellement resteront dans ma mémoire. Son attitude en présence du petit garçon qui ne voulait plus le quitter malgré les tentatives du service d’ordre était d’une tendresse et d’un naturel qui nous a fait sourire mais nous a montré ce que signifie Église famille de Dieu.

Lors de la veillée comme lors de l’homélie du dimanche, le Pape François a fait une petite catéchèse sur la famille très pastorale et pratique. Il nous a rappelé que la vie en famille, comme la vie chrétienne tout entière sans doute, est bâtie sur trois mots : S’il te plait, merci et pardon (permesso, grazie, scusa). La traduction retenue sur le site du Vatican est un peu différente mais le fond est le même et mérite d’être cité :

Trois mots : permission, merci, excuse. Trois mots clés ! Nous demandons la permission afin de ne pas être envahissants en famille. « Puis-je faire cela ? ça te plaît que je fasse cela ? ». Par le langage de la demande de permission. Nous disons merci, merci pour l’amour ! Mais dis-moi, combien de fois, par jour, tu dis merci à ton épouse, et toi à ton époux ? Combien de jours passent, sans que tu ne dises ce mot : merci ? Et le dernier : excuse. Tous nous nous trompons et parfois quelqu’un est offensé dans la famille et dans le mariage, et quelquefois – je dis – les assiettes volent, on se dit des paroles violentes, mais écoutez ce conseil : ne pas finir la journée sans faire la paix. La paix se refait chaque jour en famille ! « Excusez-moi », voici, et on recommence. Permission, merci, excuse ! Nous le disons ensemble ? (ils répondent : « oui »). Permission, merci et excuse ! Vivons ces trois mots en famille ! Se pardonner tous les jours.

Vous imaginez sans doute la force d’une foule de 100 000 à 150 000 personnes scandant permesso ! grazie ! scusa ! Comment retourner chez soi sans avoir envie de vivre ça ? Je ne me fais pas d’illusion mais je pense qu’un jour j’y arriverai un peu… car comme nous le dit encore François

c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur. Main dans la main, toujours et pour toute la vie ! Et ne pas prêter attention à cette culture du provisoire, qui morcèle notre vie !

Lors de l’homélie du dimanche, le Pape nous a montré l’image de la famille chrétienne ; non pas la fameuse image idyllique dont je parlais plus haut mais l’image de la famille qui chemine en priant, en gardant la fois et qui vit la joie. Et en écoutant François, personne ne peut se dire que ce projet n’est pas pour lui/elle. La prière nous dit le Saint Père, c’est facile !

Et il faut de la simplicité : prier en famille, il faut de la simplicité ! Prier ensemble le « Notre Père », autour de la table, n’est pas quelque chose d’extraordinaire : c’est facile. Et prier le Rosaire ensemble, en famille, c’est très beau, ça donne beaucoup de force ! Et aussi prier les uns pour les autres : l’époux pour l’épouse, l’épouse pour l’époux, tous les deux pour les enfants, les enfants pour les parents, pour les grands-parents… Prier les uns pour les autres. C’est prier en famille, et cela renforce la famille : la prière !

Quant à garder la foi, ce n’est pas un travail de conservateur de musée mais de missionnaire ! Saint Paul n’a pas gardé la foi en l’enfouissant mais en la diffusant bien au-delà de ce que les premiers disciples avaient sans doute imaginé. De la même façon,

Les familles chrétiennes sont des familles missionnaires.

La foi nous devrions savoir la partager par le témoignage, l’accueil, et l’ouverture aux autres et non la cacher dans un coffre-fort. Pour nous entraîner à cette pratique ouverte de la foi, le Pape nous a invité à prier pour les familles de Syrie et à faire un don (par sms pour les, nombreux, détenteurs de téléphones italiens).

Enfin, vivre la joie prend sa source dans la présence de Dieu au sein de la famille:

S’il manque l’amour de Dieu, la famille aussi perd son harmonie, les individualismes prévalent, et la joie s’éteint. En revanche, la famille qui vit la joie de la foi la communique spontanément, elle est sel de la terre et lumière du monde, elle est levain pour toute la société.

Pour conclure, voici le texte de la prière à la Sainte famille prononcée par le Pape à la fin de la messe de dimanche. Pour être franc, je ne l’avais pas bien comprise sur le coup et je pense que je la relirai encore !

Prière à la Sainte Famille à l’occasion de la Messe du Pèlerinage des Familles, Place St Pierre à Rome, le 27 Octobre 2013.

Jésus, Marie et Joseph,
vers vous, Sainte Famille de Nazareth,
aujourd’hui nous tournons le regard
avec admiration et confiance;
en vous nous contemplons
la beauté de la communion dans l’amour véritable;
à vous nous confions toutes nos familles,
afin que se renouvellent en elles les merveilles de la grâce.
Sainte Famille de Nazareth,
école séduisante du saint Évangile:
apprends-nous à imiter tes vertus
avec une sage discipline spirituelle,
donne-nous un regard limpide
qui sache reconnaître l’œuvre de la Providence
dans les réalités quotidiennes de la vie.

Sainte Famille de Nazareth,
gardienne fidèle du mystère du salut:
fais renaître en nous l’estime du silence,
rends nos familles cénacles de prière,
et transforme-les en de petites églises domestiques,
renouvelle le désir de la sainteté,
soutiens la noble peine du travail, de l’éducation,
de l’écoute, de la compréhension réciproque et du pardon.

Sainte Famille de Nazareth,
réveille dans notre société la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille,
bien inestimable et irremplaçable.
Que chaque famille soit une demeure accueillante de bonté et de paix
pour les enfants et pour les personnes âgées
pour qui est malade et seul,
pour qui est pauvre et dans le besoin.
Jésus, Marie et Joseph,
nous vous prions avec confiance, nous nous remettons à vous avec joie.

Discours sur l’état de la désunion

23 octobre 2013

Je sais ça n’a rien à voir mais c’est mignon un panda…

Il est une tradition ancestrale aux États-Unis d’Amérique, un peu comme la dinde de Thanksgiving, qui veut que le Président présente son programme pour l’année dans un discours appelé dit justement State of the Union address, en français discours sur l’état de l’Union. Cette pratique qui n’est pas sans rappeler le discours du trône de la monarchie britannique, a été reprise par l’exécutif européen mais reste inconnue en France sous réserve de l’usuelle causerie du 14 juillet. Il faut dire que si notre François national se lançait dans l’exercice, il faudrait bien rebaptiser discours sur l’état de la désunion. Jugez-en plutôt… Lire la suite…

Le Conseil constitutionnel et la liberté de conscience des maires

19 octobre 2013

Après avoir fait une partie de foot (si si… ça m’arrive mais rarement), trois parties de volley (toutes perdues), bu une bonne soupe et un petit verre de Tequila; après avoir passé une bonne nuit de sommeil réparateur ; après avoir relu la décision et le commentaire officiel : voici mon vrai commentaire de la décision du Conseil constitutionnel relatif à la liberté de conscience des maires !
C’est sur Liberté Politique et ça s’appelle : Le Conseil constitutionnel insulte l’intelligence juridique !
Bonne lecture !

La dernière blague du Conseil constitutionnel

18 octobre 2013

Voici un petit commentaire de la décision rendue aujourd’hui par le Conseil constitutionnel à propos de la liberté de conscience des maires :

Copie_blanche

Ps : Le Conseil constitutionnel ne s’est pas donné la peine de motiver sa décision, je ne vois pas bien pourquoi, après tout, il faudrait la commenter !

Pour être franc, il faudrait être un peu sérieux : j’ai sans doute passé plus de temps à rédiger ce non-billet que Marc Guillaume le Conseil constitutionnel à rédiger sa non-décision ! Et je pense, en toute modestie, que j’aurais mis à peine plus de temps à rédiger une décision allant de le même sens mais infiniment plus motivée. Les seuls débuts de germe d’une vague idée seraient que le maire est chargé de l’application de la loi et que, par conséquent, il doit l’appliquer et respecter le principe de neutralité ! Mais, c’est précisément là le problème… Marc Guillaume le Conseil constitutionnel a manifestement confondu le problème et la solution ! Il fallait au moins tenter de développer sur la neutralité. Mais non, rien (V. le commentaire par le Conseil constitutionnel lui-même).

Quelque soit le sens d’une décision, le minimum est qu’elle soit un peu (rien qu’un peu) motivée. Le droit et la justice sont des choses sérieuses : le sens de la décision est sans doute décevant (même si personnellement, je ne me faisais aucune illusion) ; sa rédaction et son contenu sont insultants !

L’objection de conscience ne se concède pas ; elle se prend !

Refuser la misère

17 octobre 2013

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du refus de la misère, créée sur l’initiative du Père Joseph Wresinski en 1987. Le cœur du message du fondateur d’ATD-Quart Monde se trouve résumé sur une dalle du parvis du Trocadéro :

Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l’homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.

Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré (Joseph Wresinski).

Il ne s’agit pas d’un appel à donner une pièce lorsque nous avons de la monnaie dans la poche mais de prendre conscience, d’abord, et d’agir, surtout, pour lutter contre la misère, cette grande pauvreté qui blesse la personne ; une pauvreté bien différente de la pauvreté évangélique. L’originalité de la démarche est d’abandonner le traditionnel paternalisme pour agir avec, et non pas simplement pour, les personnes concernées, en valorisant notamment leurs réels savoirs, savoir-faire et savoir-être.

Le thème de cette année est la lutte contre la discrimination sociale : Lire la suite…

Une histoire intellectuelle des droites

5 octobre 2013

Histoire hugueninintellectuelle. Histoire intellectuelle des droites (après HID) est le nouvel ouvrage de François Huguenin consacré à l’histoire intellectuelle des droites. Cela va sans dire me direz-vous mais je vous répondrai que cela va mieux en le disant. En effet, la plus grande part (je ne dirais pas l’essentiel toutefois) de ce livre a été publié précédemment en grand format chez La table ronde en 2006 sous le titre Le conservatisme impossible (avec pour sous-titre Libéraux et réactionnaires en France depuis 1789 ; après CI). La nouvelle édition qui vient de sortir chez Perrin dans la collection Tempus, comprend un prologue et un épilogue réécrits et un ultime chapitre consacré au catholicisme social. Autrement dit, si vous avez lu Le conservatisme impossible, vous tirerez tout de même un grand profit d’une nouvelle lecture : le texte est réellement enrichi comme le contexte ; les évènements de l’année écoulée rendant sans doute plus nécessaire que jamais une réflexion de ce type. Lire la suite…

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