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Le nouveau malaise français (2) : L’insécurité culturelle

11 décembre 2015

Insécurité_CulturelleLe dernier livre en date de Laurent Bouvet est moins académique que Le sens du peuple chroniqué dans mon billet précédent mais il n’est pas moins intéressant. Il développe le thème de L’insécurité culturelle, expression utilisée également par Christophe Guilluy qui en revendique d’ailleurs la paternité (L. Bouvet, L’insécurité culturelle : Fayard 2015).

Le constat de départ prolonge le diagnostic formulé dans Le sens du peuple : le populisme est le témoignage d’une crise politique provoquée par la réaction des classes populaires face à l’insécurité culturelle dans laquelle elles vivent après des années d’abandon par la gauche et la droite et plus généralement par les élites

1/ Le diagnostic

L’insécurité culturelle est l’expression d’une inquiétude, d’une crainte, voire d’une peur, vis-à-vis de ce que l’on vit, perçoit et ressent, ici et maintenant, « chez soi », des bouleversements de l’ordre du monde, des changements dans la société (p. 9-10). Le sentiment d’insécurité culturelle touche ceux qu’on appelle parfois, de manière aussi approximative que condescendante, les petits blancs mais aussi les croyants. Les craintes de ces catégories sont suscitées aussi bien par l’économie mondialisée que par l’immigration ou encore par la risque de remise en cause de leur mode de vie.

La peur de la mondialisation. « Aujourd’hui, le rejet de la mondialisation est devenu général et profond au sein de la population » (p. 18). Une personne sur deux considérait en 2011 que la mondialisation était une menace (contre 37 % pensant que c’était une opportunité). La construction européenne ne suscite plus aucun enthousiasme au contraire : elle est liée à la mondialisation libérale contre laquelle elle n’a fourni aucune protection (p. 20).

La crainte de l’immigration et de l’Islam. Les personnes interrogées dans les sondages n’ont plus de scrupule à répondre qu’il y a trop d’étrangers à leur goût. Le rejet de l’immigration est surtout un rejet de l’Islam (p. 25) ; les deux étant parfois un peu rapidement assimilés. Il est intéressant de relever que le critère religieux devient décisif devant les critères ethniques ! L’image de l’Islam est devenue déplorable en France depuis quelques années (73 % d’opinion négative en 2013) notamment parce que la compatibilité de l’Islam avec les valeurs de la République est mise en doute. Les choses ne se sont certainement pas arrangées au cours de l’année 2015 !

Les modes de vie : le malaise des croyants. Il y a un point sur lequel les chrétiens, et notamment les catholiques, et les musulmans peuvent avoir un sentiment assez proche, c’est le sentiment d’une hostilité latente des pouvoirs publics à leur égard (p. 28-29). L’atteinte portée aux valeurs attachées à leur religion transforme des croyants religieux en sceptiques civiques.

Si les musulmans ont déjà dû se faire à l’idée de ne guère être appréciés, pour les catholiques, ce sentiment est plus récent et s’est surtout développé ces dernières années. L’attachement aux valeurs familiales a suscité de vives réactions face aux réformes du gouvernement, notamment l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe (p. 30-31).

L’apparition de l’insécurité culturelle. Traditionnellement, l’insécurité était une situation, plus récemment un sentiment, liée à la violence subie ou crainte : c’est ce qu’on peut appeler l’insécurité civile. On peut également identifier au moins depuis les travaux de Robert Castel, une insécurité sociale liée à la remise en cause des modes de protection mises en œuvre dans l’Etat social (R. Castel, L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ? : La République des idées, Seuil 2003, p. 11 et s. sur l’insécurité civile et p. 25 et s. sur la signification de l’insécurité sociale).

S’ajouterait à ces formes connues, une nouvelles insécurité dite culturelle dont il n’est pas toujours aisé de savoir si elle relève essentiellement du ressenti ou si elle est fondée sur une réalité tangible (p. 42). La paternité de l’idée d’insécurité culturelle semble pouvoir être attribuée au géographe Christophe Guilluy (Chr. Guilluy, La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires : Flammarion 2014, p. 153 et s. où l’auteur retrace l’élaboration du concept au début des années 2000). A l’origine, elle tendait à « décrire le ressenti des catégories populaires confrontées à l’intensification des flux migratoires dans le contexte nouveau de l’émergence d’une société multiculturelle » (Chr. Guilluy, La France périphérique, précité, p. 153). Depuis les années 1960-1970, l’importance prise par les questions identitaires, la recherche de reconnaissance des différences plus que d’intégration mais aussi le développement des Cultural Studies ont contribué à faire apparaître la part de la dimension culturelle dans la construction des représentations sociales élaborées par les classes populaires. Ceci dit, la découverte de l’insécurité culturelle ne doit pas être comprise comme une promotion du culturalisme, cette forme de réduction des individus ou des groupes à un déterminisme culturel (p. 56). Bien au contraire, elle permet d’adopter une démarche critique à l’égard du culturalisme.

L’insécurité culturelle touche des populations qui ne sont pas minoritaires mais dont les caractéristiques principales sont sociales (faibles revenus, faible niveau de diplômes, habitant loin des centres urbains dynamiques… p. 68-69). A nouveau, la lecture de Chr. Guilluy complète utilement celle de Laurent Bouvet. Dans Fractures françaises comme dans La France périphérique (Chr. Guilluy, Fractures françaises : F. Bourin éd. 2010. – La France périphérique, précité), ce géographe a tenté de faire apparaître les fractures méconnues qui traversent la société française. L’analyse des zones péri urbaines, nées de la gentrification des dernières décennies, a fait apparaître des territoires abandonnés car n’entrant pas dans le champ de politiques publiques mal calibrées (L. Bouvet, L’insécurité culturelle, p. 87 et s.). C’est d’ailleurs dans ces zones que le Front National a beaucoup progressé ces dernières années. En passant, j’aimerais faire remarquer à quel point les réflexions sur le niveau d’étude des électeurs FN peuvent être perçues comme une insulte (peu importe que ce soit exact) et une incitation à revoter FN lorsqu’elles viennent de personnes se revendiquant d’un parti qui prétendait historiquement protéger les classes populaires.

La situation des classes populaires reste peu connue et surtout mal comprise car elle est toujours analysée à travers un prisme social et économique et non culturel, à la différence des minorités analysées quant à elles à travers un prisme culturel (p. 70). Cette asymétrie suscite une première difficulté : « parler culture et identité ne serait a priori légitime et admis que pour dire les difficultés des minorités de la matrice multiculturelle, et pour mieux leur permettre d’exprimer leurs revendications et leurs droits vis-à-vis de la « majorité » » (p. 71). Un tel discours serait au contraire totalement disqualifié s’il s’agit des classes populaires supposées majoritaires. Est ainsi nourri un préjugé commun qui veut que les classes populaires sont toujours objectivement dans une meilleure situation que les minorités et qu’elles n’ont donc aucune raison d’avoir peur sauf à être xénophobes ou racistes (p. 72. – V. également p. 76 : « l’expression de toute inquiétude identitaire des catégories populaires autochtones [est désignée] comme [une] forme de xénophobie, de racisme, d’homophobie ou de sexisme ») ! Ce mouvement est encore renforcé par la coordination des revendications des différentes minorités, soutenues par les élites, phénomène connu sous le nom d’« intersectionnalité des luttes » (p. 74 et s.). En prenant un caractère collectif, ces revendications sont assimilées aux luttes sociales traditionnelles (ce qui leur donne une légitimité) et se renforcent l’une l’autre (ce qui accroit leur puissance). Toute critique adressée à l’une devient une attaque contre les autres minorités, voire les minorités en général : l’opposition à une revendication de la minorité homosexuelle passe immédiatement pour une forme de racisme…

2/ Le choix des réponses

Que faire face à cette insécurité culturelle ressentie par les classes populaires ?

Le FN, champion de l’insécurité culturelle. Le premier constat qui ne fait pas plaisir est que le FN est le « champion de l’insécurité culturelle » (p. 103). Cela n’a rien d’étonnant à bien y regarder. D’abord, ce parti est, par sa tradition d’extrême droite, très à l’aise sur le champ culturel. Ensuite, il formule une critique globale du système politique. Enfin, le thème de l’insécurité culturelle correspond assez bien à la demande politique actuelle, ce qu’ont bien compris les dirigeants du FN et notamment Marine Le Pen ; sans doute davantage que son père d’ailleurs (V. C. Alduy, S. Wahnich, Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste : Seuil 2015). En effet, au plan économique, la fille se démarque du père par un discours nettement moins libéral : elle adopte une posture clairement étatiste, interventionniste et sociale. La question n’est même pas de savoir si ce programme serait catastrophique s’il était mis en œuvre (car de ce point de vue qui peut se vanter d’avoir eu un réel succès économique en France depuis 40 ans ?). Non, l’intérêt du constat est de montrer un virage antilibéral au sein du FN que seul le Front de Gauche semblait encore assumer ces derniers temps. De ce point de vue, les interventions du patronat sont sans doute contre productives car elles valident la nouvelle option frontiste (V. P. Gattaz not.). Evidemment, il ne faut pas être dupe : les mêmes vieilles rancœurs que celles qui animaient Jean-Marie Le Pen se cachent derrière un discours modernisé de Marine Le Pen (V. C. Alduy, S. Wahnich, Marine Le Pen prise aux mots, précité). L’économique dissimule souvent le culturel. L’immigration reste un thème constant mais son traitement a évolué : l’offre politique du FN « reste très centrée sur l’immigration, sur son rejet, mais intègre désormais une nouvelle dimension, identitaire et culturelle, liée à l’islam » (p. 106). L’immigration n’est plus seulement présentée comme une menace pour l’emploi des Français (dimension économique) mais aussi comme une menace pour leur mode de vie (dimension culturelle).

Selon Laurent Bouvet, l’un des intérêts d’une analyse en termes d’insécurité culturelle est qu’elle permet de tenter de comprendre comment des populations a priori très différentes peuvent en venir à voter pour le FN (p. 112-113). Il n’y a pas, ou plus, de parcours typique pour rejoindre le FN. C’est d’ailleurs très clairement un des éléments de la stratégie de Marine Le Pen que de tenter de multiplier les points d’entrée dans son discours.

La droite. Quant à la droite dite républicaine, elle peine à élaborer une réponse à la concurrence toujours plus efficace du FN. Quoi qu’on en dise, les résultats du 6 décembre sont autant, voire plus, une défaite de la droite qu’une défaite de la gauche : voir le Front national apparaître comme le premier opposant au gouvernement n’est manifestement pas le signe d’une grande santé politique ! Que la gauche perde, c’était naturel ; que la droite ne parvienne pas à gagner est finalement assez pitoyable.

Il est vrai que la droite est aujourd’hui traversée par un clivage qu’elle ne connaissait pas auparavant, s’éloignant de la présentation devenue traditionnelle de René Rémond (R. Rémond, Les droites aujourd’hui : éd. L. Audibert 2005). Selon Laurent Bouvet, « l’opposition fondamentale qui traverse aujourd’hui la droite française… s’articule autour de la double question de la souveraineté nationale… et de l’identité » (p. 118) et bien moins autour des questions économiques (p. 119). L’UMP hier et les Républicains aujourd’hui peinent à assumer un discours politique axé sur l’identité nationale ou sur le conservatisme des valeurs sans apparaître, au bout du compte, à la remorque du Front National (p. 117 et s., not. p. 125) dont le discours paraît plus cohérent et plus efficace pour fournir une explication globale du monde (V. à nouveau C. Alduy, Marine Le Pen prise aux mots, précité, not. p. 251-259). Ce n’est pas en une semaine que droite et gauche vont trouver la réponse adaptée à plus de trente ans de construction d’une mythologie politique frontiste. A la limite, il serait même possible de soutenir que la victoire anti-FN du dimanche 13 (si elle est avérée…) ne sera qu’une nouvelle étape vers une nouvelle défaite de la gauche et de la droite en renforçant le discours victimaire du FN et en accréditant l’existence d’un système UMPS… (V. D. Reynié. – Comp. avec les propos d’Henri Guaino).

La gauche. Quant à la gauche, faut-il même en parler ? Sans doute puisque Laurent Bouvet lui consacre un chapitre pour mettre en évidence la double impasse dans laquelle elle se trouve (p. 127 et s.). L’abandon de la défense des classes populaires et de son programme économique traditionnel a conduit la gauche à rechercher à la satisfaction des revendications identitaires des minorités, minorités. La gauche refuse de reconnaître le sentiment d’insécurité culturelle car en parler, ce serait le valider ; ce serait « faire le jeu du FN » (V. chez Koz) ! Pourtant, la gauche et notamment le PS a bien adopté une démarche culturaliste, un culturalisme sélectif (au profit des seules minorités) certes mais bien réel. La déplorable sortie, sur « Versailles, Neuilly et la race blanche », de Claude Bartolone, dont la médiocrité semble décidément abyssale, illustre bien à quel point le PS s’est engagé dans une démarche marquée par un clientélisme ethno-culturel (L. Bouvet). Comment s’étonner à nouveau que la lutte contre le FN ait été totalement, oui totalement, inefficace ?!

On pourrait alors penser que le PS pourrait revenir à un discours économique plus traditionnel à gauche. Cela ne serait pas pour autant suffisant (sans parler ici du doute sur le contenu et l’efficacité d’une telle politique économique…) : la comparaison avec le Front de Gauche montre qu’il y a d’autres déterminants. En effet, chez les ouvriers, le différentiel de vote est de 7 points pour le Front de Gauche (En 2012 : 18% chez les ouvriers contre 11% dans l’ensemble de la population) et de 15 points pour le FN (33% chez les ouvriers contre 18%). Pourquoi ? Pour Laurent Bouvet, la raison de cet écart se trouve dans les réponses apportées par ces deux partis à la question de l’insécurité culturelle : le hiatus entre l’interventionnisme économique et l’internationalisme rend peu cohérent le discours du Front de Gauche (p. 139). Bref, le Front National est plus cohérent dans son interventionnisme (p. 140. – V. également C. Alduy, Marine Le Pen prise aux mots, précité, p. 254-255) !

Franchement, je serais de gauche, j’en pleurerais. L’« aveuglement économiciste », qui conduit à s’imaginer que l’amélioration de l’économie résoudra les problèmes sociaux, allié à un fort biais culturaliste, impliquant une émancipation individuelle prioritairement réservée aux minorités, a fait apparaître une gauche libérale dans tous les domaines (p. 148). A nouveau Terra Nova se trouve au cœur de cette stratégie, libérale-libertaire diraient certains, ouvrant sur un grand vide social ; vide que le FN s’est empressé de combler, séduisant ainsi les classes populaires. Qu’offre la gauche de gouvernement à ces classes populaires : le mariage et l’adoption pour tous, un débat sur les mères porteuses (p. 155), de nouvelles réformes de l’école afin de détruire ce qui restait encore debout ou encore récemment la libéralisation du transport public de personnes…

Que faire ? D’abord sortir du déni et tenter de regarder la réalité en face : assumer une réflexion sur l’insécurité culturelle et ouvrir le débat sur le sujet (p. 160). Reconnaitre, ensuite, que le multiculturalisme n’est pas une politique (p. 161) : c’est un fait social (ni bon, ni mauvais en soi) qui ne peut être doté d’une portée normative sans risque (p. 161-163). Laurent Bouvet met en garde contre le multiculturalisme normatif qui alimente finalement les réactions identitaires au détriment de ce qui est commun, ce qui unit le peuple (p. 163). De la même façon, le combat pour la reconnaissance identitaire ne peut pas être considéré comme une lutte sociale (p. 164 et s.). Au contraire, pour Laurent Bouvet, la politique devrait permettre à l’individu de se libérer du piège de l’identité, en se libérant des déterminismes identitaires.

Tout cela conduit Laurent Bouvet à proposer de redécouvrir ce qui est commun ; le commun, c’est « l’autre nom de la République ». Il propose ainsi un républicanisme civique inspiré de Ph. Pettit et Q. Skinner (V. également Fr. Huguenin, Résister au libéralisme. Les penseurs de la communauté : CNRS éd. 2009, not. p. 168 et s.). Il serait facile de critiquer les dernières pages de l’ouvrage de Laurent Bouvet en trouvant un peu courte son esquisse. Ce serait toutefois injuste. D’abord, parce que, quoi qu’on en dise, la voie républicaine reste largement méconnue en France. Il y a toutefois là une petite ambiguïté dans cette référence au courant républicain : en effet, l’auteur assimile un peu vite l’idée républicaine de Pettit et de Skinner à la République (au sens mythique que revêt le terme en France). Si on veut aller plus loin dans cette voie, il faudra être clair sur ce point. C’est alors qu’il sera possible d’envisager de réaffirmer la primauté du politique sur l’économique, de faire preuve de pragmatisme social, de poursuivre la lente et difficile mais pas impossible intégration des populations immigrées, de promouvoir une liberté dégagée des contradictions autour du libéralisme ; tout cela en luttant contre les forces de désintégration de la société. Il reste que la conception de la laïcité retenue par Laurent Bouvet me paraît un peu étroite. Elle sacrifie un peu rapidement à la nouvelle laïcité mise en évidence par d’autres auteurs (S. Hennette-Vauchez, V. Valentin, L’affaire Baby Loup ou la nouvelle laïcité : LGDJ 2014). Sous cette réserve, l’invitation reste pertinente : à droite comme à gauche, la refondation idéologique est urgente même si elle prendra du temps. En attendant, il ne faut se faire aucune illusion : il y a aura d’autres victoires frontistes.

Le nouveau malaise français (1) : le sens du peuple

7 décembre 2015

9782070136407

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